Des intentions d’investissement portant sur environ 3000 unités industrielles et 40.000 emplois potentiels ont été évoquées par Salah Zouari, mercredi 28 octobre à Zarzis. Ces chiffres concernent des projets à concrétiser. Des unités ont toutefois déjà commencé leur activité, avec des niveaux d’emploi à distinguer des capacités annoncées.
Le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, intervenait à la clôture des troisièmes Journées de l’investissement à Médenine. Il a indiqué que le gouvernorat compte actuellement environ 80 unités industrielles employant près de 4000 personnes.
Un périmètre à préciser pour les 3000 unités
Le rapprochement entre le tissu industriel existant et les unités envisagées appelle une précaution. Dans ses statistiques, l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII) recense les entreprises industrielles employant au moins dix salariés. Sa fiche régionale consacrée à Médenine applique également ce seuil, mais affiche une dernière mise à jour datant de mars 2018 : elle ne constitue donc pas un décompte actuel.
Pour les 3000 unités envisagées, les publications consultées ne précisent ni le seuil d’effectif retenu, ni la période de constitution des intentions, ni leur répartition par taille. Les deux ensembles ne peuvent donc pas être considérés d’emblée comme directement comparables.
Les chiffres annoncés correspondent à une moyenne d’environ treize emplois par unité. Ce calcul donne un ordre de grandeur, sans renseigner sur la diversité des projets ni leur état d’avancement.
Des intentions dont les étapes restent à documenter
La liste des promoteurs, le montant global des investissements, les financements mobilisés et le calendrier de réalisation ne figurent pas dans les publications consultées.
La distinction entre déclaration et réalisation est essentielle : l’APII prévoit d’ailleurs un suivi de l’avancement des projets pendant leur réalisation. Une intention d’investissement ne permet donc pas, à elle seule, de comptabiliser une entreprise opérationnelle ou des recrutements effectués.
Le ministre a appelé à accélérer les procédures et à lever les difficultés rencontrées par les investisseurs. Il a notamment cité les débouchés offerts par le marché libyen, les infrastructures portuaires et aéroportuaires ainsi que les besoins en main-d’œuvre qualifiée.
Des unités lancées et des emplois à développer
À Zarzis, une unité de fabrication d’équipements pour la restauration représente un investissement de 2 millions de dinars, pour une capacité annoncée de 110 emplois.
À Bougrara, une unité de valorisation du crabe, réalisée moyennant 6 millions de dinars, emploie actuellement 60 personnes et pourrait atteindre 300 emplois. L’effectif présent doit ainsi être distingué du potentiel de recrutement.
Un autre projet concerne la fabrication de halva, ou « chamia », à Zarzis. Selon la Télévision tunisienne, cette unité, représentant plus de 5 millions de dinars, a engagé une première opération expérimentale. Son entrée en production effective est annoncée pour novembre, avec un effectif initial prévu de 40 personnes et un objectif de 200.
Six projets issus de la précédente édition des Journées de l’investissement sont également entrés en activité. Leur bilan détaillé en matière d’emploi n’est pas précisé. Un suivi entreprise par entreprise permettrait de mesurer la transformation des intentions annoncées en investissements productifs et en recrutements.
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