La Tunisie veut réduire sa dépendance aux importations d’équipements militaires. Le ministre de la Défense nationale, Khaled Souihli, a annoncé mardi 22 septembre l’ambition d’établir une stratégie nationale de fabrication militaire, en s’appuyant sur les compétences tunisiennes et le tissu industriel local.
Cette annonce a été faite à l’ouverture du premier séminaire organisé par le Centre de recherches militaires sur le développement technologique et la production de défense, au Centre national de cartographie et de télédétection. La rencontre a réuni des représentants d’entreprises industrielles tunisiennes, des compétences nationales ainsi que des experts civils et militaires.
Réduire le recours aux importations
L’objectif affiché par le ministre est de passer d’une dépendance à l’importation des équipements militaires à une capacité accrue de fabrication locale.
Selon la Radio nationale, Khaled Souihli a insisté sur le rôle du partenariat entre les secteurs public et privé, ainsi que sur l’ouverture aux institutions de recherche et aux pôles technologiques nationaux. Cette démarche doit contribuer à établir une stratégie nationale de fabrication militaire fondée sur les capacités propres du pays, les ressources humaines locales et le tissu industriel tunisien.
Le ministre a également souligné que les entreprises tunisiennes disposent déjà de capacités dans la conception, le développement, la fabrication et l’intégration, avec des niveaux avancés de qualité et de spécialisation. Ces compétences pourraient être mobilisées dans des secteurs liés à la défense, sous réserve de réunir les conditions techniques, institutionnelles et sécuritaires nécessaires.
De projets ponctuels à une stratégie nationale
Le changement de cap annoncé se situe surtout dans l’ambition affichée par le ministère.
Khaled Souihli a indiqué que l’institution militaire souhaite dépasser le stade des projets individuels pour construire une « souveraineté industrielle de défense nationale durable », reposant sur l’accumulation technologique et un partenariat stratégique entre l’armée, l’université, les centres de recherche et l’industrie nationale.
Le séminaire a également donné lieu à une exposition présentant des échantillons de produits industriels et des projets d’innovation technologique issus d’entreprises tunisiennes.
À ce stade, le ministère n’a toutefois pas détaillé de calendrier, de volume de production ou de liste d’équipements qui seraient concernés. L’annonce marque donc avant tout la volonté de structurer une filière industrielle de défense nationale, plutôt que le lancement d’un programme de production précisément défini.
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