Le marché automobile tunisien confirme sa reprise au premier semestre 2026. Les immatriculations de véhicules neufs progressent de 18,5%, portées par les concessionnaires, le marché parallèle et la montée des marques asiatiques. Dans le même temps, les ventes de voitures populaires restent quasiment stables. Ce contraste met en évidence un marché qui évolue désormais à deux rythmes.
Une reprise portée par les marques asiatiques
Selon les données de la Chambre nationale des concessionnaires et constructeurs automobiles, relayées par la TAP, 50.217 véhicules neufs ont été immatriculés en Tunisie durant les six premiers mois de 2026, contre 42.377 un an auparavant, soit une hausse de 18,5%.
Les concessionnaires officiels ont vendu 35.440 véhicules, en progression de 17,7%, tandis que le marché parallèle a atteint 14.777 unités, en hausse de 23%. Ce dernier représente désormais près de 30% de l’activité totale du marché automobile.
Cette croissance est largement portée par les constructeurs asiatiques. Kia conserve la première place du marché avec 3445 véhicules, devant Hyundai, qui en totalise 3394, et Isuzu, avec 2509 unités.
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Plusieurs marques chinoises affichent également de fortes progressions, notamment Dongfeng (+287,5%), BYD (+239,5%) et Geely (+155,8%), même si leurs volumes et leurs parts de marché restent encore limités. À l’inverse, plusieurs marques européennes reculent, dont Opel, Fiat, Renault et Volkswagen.
Après le rebond de 2025, un segment resté en retrait
Les données consacrées aux voitures populaires montrent une évolution très différente.
Au premier semestre 2026, 5189 voitures populaires ont été vendues, contre 5255 un an plus tôt, soit un léger recul de 1,3%. Cette évolution contraste avec celle du marché dans son ensemble, même si les ventes ont rebondi au mois de juin, avec une progression de 18,7%.
Ce coup d’arrêt prend un relief particulier au regard de l’année précédente. En 2025, le segment avait enregistré un rebond exceptionnel, avec 9138 voitures populaires vendues, contre 6688 en 2024, soit une progression de 36,6%.
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Ce volume représentait plus de 91% du quota annuel de 10.000 véhicules annoncé par le ministère du Commerce. La quasi-stagnation observée au premier semestre 2026 tranche ainsi avec cette forte dynamique, sans que les données disponibles permettent encore de déterminer si elle résulte d’un quota inchangé, d’arrivages insuffisants ou du calendrier des importations.
Les modèles commercialisés dans ce régime restent proposés entre 26.790 et 35.000 dinars, avec un prix moyen d’environ 31.430 dinars.
Cette quasi-stagnation ne semble pas traduire une baisse de la demande. Les délais d’attente peuvent dépasser cinq ans, signe que l’intérêt des ménages demeure élevé malgré les difficultés d’accès à ce dispositif.
Un marché à deux vitesses
Rien ne permet d’affirmer qu’une partie des acheteurs se reporte massivement vers les nouveaux modèles chinois ou vers d’autres catégories de véhicules.
Les statistiques montrent surtout que le marché classique et le marché parallèle bénéficient d’une offre plus abondante et plus diversifiée, tandis que le segment des voitures populaires reste dépendant de volumes limités et d’un dispositif d’attribution spécifique.
Le premier semestre 2026 confirme ainsi l’émergence d’un marché automobile à deux vitesses : les ventes globales accélèrent, tandis que les voitures populaires, après leur rebond spectaculaire de 2025, font du surplace.
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