La Société tunisienne de sidérurgie El Fouladh poursuit les préparatifs de son projet de nouvelle aciérie électrique à Menzel Bourguiba, dans le gouvernorat de Bizerte. L’entreprise publique a lancé un appel d’offres pour sélectionner un bureau d’études pluridisciplinaire chargé de l’assister dans la maîtrise d’ouvrage de cette future installation. Cette démarche intervient alors que le sidérurgiste, confronté à de lourdes difficultés financières et à une dégradation de son outil industriel, attend la concrétisation de son programme de restructuration.
Publié le 13 octobre 2026 sur le portail national des marchés publics, l’appel d’offres porte sur la sélection d’un bureau d’études de catégorie A1 pour une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO). La consultation concerne un lot unique et les prestations doivent être réalisées dans le gouvernorat de Bizerte.
Un bureau d’études pour préparer la nouvelle installation
Les offres devront être déposées sur la plateforme TUNEPS au plus tard le 17 novembre 2026 à 11 heures. Leur ouverture est programmée le même jour à 11h30 au siège d’El Fouladh, à Menzel Bourguiba. Le démarrage prévisionnel de la mission est fixé au 4 janvier 2027.
Cette procédure constitue une étape préparatoire dans le dossier de la nouvelle aciérie électrique, appelée à renforcer les capacités de production de l’entreprise. Le projet s’inscrit dans le programme de modernisation estimé à 330 millions de dinars, dont le financement fait l’objet de négociations avec la Banque islamique de développement (BID).
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Présenté par la direction comme un moyen de tripler la capacité de production pour atteindre environ 300.000 tonnes d’acier par an, le programme prévoit notamment l’installation d’un four-poche, l’acquisition d’équipements de coulée continue et la modernisation des unités existantes. Le financement reste toutefois soumis à la validation des instances compétentes de la BID.
L’enjeu dépasse la seule situation de l’entreprise. La Tunisie importe chaque année d’importantes quantités de billettes d’acier, utilisées comme matière première par les laminoirs pour fabriquer différents produits sidérurgiques. Selon les données présentées dans le dossier de restructuration, la facture de ces importations dépasse 300 millions de dollars par an. Le programme national vise également à valoriser la ferraille disponible localement, estimée à environ 300.000 tonnes annuelles, et à renforcer l’approvisionnement des industriels tunisiens.
Des pertes de 68 millions de dinars et des fonds propres négatifs
La relance industrielle intervient dans un contexte particulièrement difficile pour El Fouladh. Fondée en 1962 et entrée en production en 1965, la société publique, majoritairement détenue par l’État, a longtemps constitué un acteur central de la sidérurgie tunisienne. Mais la dégradation de ses performances, le vieillissement de ses équipements et l’accumulation des dettes ont considérablement réduit ses capacités.
Les derniers états financiers publiés, relatifs à l’exercice 2024, font apparaître une perte nette de 68,4 millions de dinars, contre environ 42,8 millions un an auparavant. Le chiffre d’affaires est, quant à lui, retombé à 113,2 millions de dinars, contre 145,7 millions en 2023. Les fonds propres affichent un solde négatif de 451,7 millions de dinars, tandis que le passif total atteint 692,4 millions de dinars.
Un autre point de fragilité
La trésorerie constitue un autre point de fragilité. À la clôture de l’exercice 2024, la trésorerie nette était négative de 76,8 millions de dinars. Les charges financières nettes ont, de leur côté, atteint 43,1 millions de dinars, soit près de 38% du chiffre d’affaires de la société.
L’entreprise fait également face à d’importants engagements envers des organismes publics. Sa dette envers la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) était estimée à 177 millions de dinars à fin 2024. Les dettes envers la Caisse nationale de sécurité sociale et les autres organismes sociaux atteignaient 61 millions de dinars, auxquelles s’ajoutaient 85,1 millions de dinars de pénalités de retard réclamées par la CNSS. Les engagements bancaires, notamment sous forme de découverts et de crédits à court terme, dépassaient également 243 millions de dinars.