Les services du ministère de l’Intérieur annoncent un coup de filet d’ampleur contre plusieurs formes de criminalité organisée, mêlant cybercriminalité, blanchiment d’argent et trafic de stupéfiants. L’opération, qui s’inscrit dans une stratégie globale de lutte contre les réseaux criminels, a mobilisé à la fois la police et la garde nationale.
Usurpation d’identité
Au cœur de cette action, les unités de la police judiciaire ont démantelé un réseau spécialisé dans l’arnaque en ligne et le blanchiment. Le mode opératoire repose sur des techniques de manipulation bien rodées : création de faux comptes sur les réseaux sociaux pour proposer des produits à bas prix, piratage de comptes personnels, puis usurpation d’identité pour piéger les proches de la victime. Les escrocs se faisaient passer pour une personne prétendument détenue, orientant leurs cibles vers un faux avocat qui exigeait l’envoi d’un mandat postal, présenté comme une amende nécessaire à une libération.
Cette affaire a conduit à l’arrestation de 26 individus. Les enquêteurs ont saisi deux camions, six motos, des téléphones utilisés dans les transactions frauduleuses, des documents liés aux transferts d’argent ainsi que des sommes en liquide. Le parquet du tribunal de première instance de Tunis a ordonné leur placement en garde à vue pour une série d’infractions graves, incluant le blanchiment d’argent, l’atteinte aux personnes et aux biens, et l’exploitation illégale de données personnelles dans un cadre criminel organisé.
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Parallèlement, une opération distincte menée par la garde nationale à Ben Arous, en coordination avec la justice à Sousse, a permis de démanteler un réseau international de trafic de cannabis après dix mois d’investigations. Cette enquête de longue haleine a mis au jour des circuits de financement complexes, incluant le recours à des mécanismes de blanchiment et à des cryptomonnaies.
Le bilan est conséquent
Le bilan est conséquent : 67 suspects interpellés, dont des Tunisiens et des étrangers, et 29 autres recherchés. Les forces de l’ordre ont saisi plus de 100 kilogrammes de cannabis, des fonds dépassant 1,4 million de dinars, ainsi que des bijoux d’une valeur estimée à 600 mille dinars. Vingt-six véhicules utilisés dans les opérations de contrebande ont également été confisqués. Dix-sept procédures judiciaires ont été ouvertes, portant notamment sur des affaires de drogue, de change parallèle et de blanchiment d’argent.
Ces opérations illustrent une montée en complexité des réseaux criminels en Tunisie, qui combinent désormais outils numériques, circuits financiers informels et logistiques transnationales. Elles mettent aussi en lumière l’adaptation des forces de sécurité face à des menaces hybrides, à la croisée du cyberespace et des trafics classiques.