L’élection du professeur Slim Laghmani comme juge au Tribunal international du droit de la mer (TIDM) pour le mandat 2026-2035 est passée relativement discrètement dans l’actualité tunisienne. Pourtant, cet événement marque le retour de la Tunisie au sein d’une juridiction internationale stratégique, plus de vingt ans après la fin du mandat du juge tunisien Mohamed Mouldi Marsit.
Le juriste tunisien a été élu le 18 juin 2026 dès le premier tour de scrutin lors de la 36e réunion des États parties à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, organisée au siège de l’ONU à New York. Il rejoint ainsi une institution composée de seulement 21 juges élus pour neuf ans et chargée de régler certains des différends maritimes les plus sensibles au monde.
Pourquoi ce tribunal est-il important ?
Créé en 1996 et basé à Hambourg, en Allemagne, le Tribunal international du droit de la mer veille à l’application de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, souvent considérée comme la « Constitution des océans ».
L’institution est appelée à se prononcer sur des questions touchant aux délimitations maritimes entre États, à l’exploitation des ressources offshore, aux droits de pêche, aux câbles sous-marins ou encore à la protection de l’environnement marin.
Pour la Tunisie, qui dispose de plus de 1.300 kilomètres de côtes et partage des espaces maritimes avec l’Algérie, la Libye et l’Italie, ces questions sont loin d’être théoriques. Elles concernent directement les intérêts stratégiques du pays en Méditerranée.
Un spécialiste des dossiers maritimes tunisiens
Si Slim Laghmani est souvent présenté comme un expert du droit constitutionnel, son parcours est également étroitement lié au droit de la mer.
Il a été expert auprès de la Commission nationale du droit de la mer entre 1999 et 2023 et a participé aux travaux ayant conduit aux accords de délimitation maritime entre la Tunisie et l’Algérie. Il a également pris part à plusieurs groupes d’experts tuniso-libyens et tuniso-italiens chargés des questions relatives aux espaces maritimes.
Son élection ne constitue donc pas seulement une distinction académique. Elle récompense aussi une expertise construite durant plusieurs décennies sur des dossiers directement liés aux intérêts maritimes de la Tunisie.
Le retour tunisien après l’ère Marsit
Avant Slim Laghmani, un seul Tunisien avait siégé au Tribunal international du droit de la mer : Mohamed Mouldi Marsit, membre fondateur de l’institution lors de sa création en 1996.
Son mandat s’est achevé en 2005 et aucun candidat tunisien n’était parvenu depuis à retrouver un siège au sein de cette juridiction.
L’élection de Slim Laghmani met ainsi fin à vingt et un ans d’absence tunisienne dans l’une des principales institutions judiciaires spécialisées du système des Nations unies. Au-delà de la carrière du juriste, elle constitue également un succès diplomatique pour la Tunisie, dont la candidature avait obtenu le soutien de l’Union africaine avant le scrutin.
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