La réforme du système éducatif revient dans le débat public. L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a organisé, vendredi 30 octobre 2026, une journée d’étude consacrée au droit à l’éducation et à l’égalité des chances. L’initiative vise à préparer un dialogue avec les différents corps de l’enseignement et des spécialistes afin de dégager des propositions de réforme. Elle intervient alors que la question de la gouvernance du secteur éducatif, notamment à travers le Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement prévu par la Constitution de 2022, reste posée.
Lors de cette rencontre intitulée « L’éducation et l’enseignement, un droit pour tous : vers la consécration du principe d’égalité des chances », le secrétaire général adjoint de l’UGTT chargé du département des études et de la documentation, Ahmed Jaziri, a expliqué que le syndicat entendait ouvrir un espace de discussion autour de la situation du système éducatif et des réformes de fond à engager.
Il a rappelé que l’UGTT se considère comme une force de proposition, disposant d’experts capables de contribuer à l’élaboration de solutions. L’objectif est de réunir les différentes composantes du secteur pour examiner les difficultés et formuler des orientations susceptibles d’alimenter une réforme globale.
De son côté, l’ancien professeur à la Faculté des sciences économiques et de gestion de Tunis, Mongi Boughezala, a identifié plusieurs chantiers prioritaires : la qualité de l’enseignement, l’état des infrastructures scolaires ainsi que la formation initiale et continue des enseignants, des instituteurs et des formateurs.
Il a également mis en relation les difficultés du système éducatif avec celles du marché de l’emploi. L’augmentation du nombre de diplômés ne garantit pas leur insertion professionnelle lorsque la qualité de la formation ne répond pas aux besoins du marché. Les difficultés d’accès à l’emploi touchent particulièrement les diplômés de l’enseignement supérieur, notamment les femmes.
Un Conseil supérieur désormais installé
Le Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement constitue justement l’un des projets institutionnels portés par Kaïs Saïed depuis l’adoption de la Constitution du 25 juillet 2022. Son article 135 prévoit la création de cette instance, chargée d’émettre des avis sur les grands plans nationaux concernant l’éducation, l’enseignement, la recherche scientifique, la formation professionnelle et les perspectives d’emploi.
Le projet a progressivement pris forme avec la consultation nationale sur la réforme du système éducatif, lancée en septembre 2023, puis l’adoption du décret-loi n° 2024-2 du 16 septembre 2024 relatif à l’organisation du Conseil.
Après plusieurs mois de préparation, l’institution a finalement entamé ses activités le 17 août 2026. Kaïs Saïed s’est rendu à son siège, à Tunis, à l’occasion de sa séance inaugurale. La composition de sa Haute Instance avait été officialisée par un décret présidentiel publié le 12 août 2026. Mohamed Ali Boughdiri a été nommé secrétaire général du Conseil.
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Cette nouvelle institution est appelée à jouer un rôle dans l’évaluation et l’orientation des politiques éducatives nationales. Elle couvre un champ qui dépasse l’enseignement scolaire pour englober également l’université, la recherche scientifique, la formation professionnelle et les liens entre formation et emploi.
La journée d’étude organisée par l’UGTT intervient donc après l’installation de cette instance. Elle pose aussi la question de la place des organisations syndicales, des enseignants, des universitaires et des spécialistes dans la construction des réformes. Reste notamment à savoir comment les propositions issues de ces différents espaces de concertation seront prises en compte dans les orientations nationales du secteur.