Le prix de la tomate, aliment central du panier des ménages tunisiens, connaît en ce moment une hausse marquée sur plusieurs marchés, où il a atteint par endroits l’équivalent de 5 dinars le kilo. Une flambée qui alimente l’inquiétude des consommateurs, mais que les professionnels du secteur expliquent par un enchaînement de facteurs saisonniers et structurels.
Invité à s’exprimer sur cette situation sur Jawhara FM, le président d’une organisation professionnelle agricole, Médani Dhaoui, a d’abord insisté sur un élément récurrent dans les cycles agricoles : la période dite de transition entre deux saisons de production. Selon lui, le marché traverse actuellement une phase de “croisement des saisons”, durant laquelle l’offre traditionnelle diminue avant que la production de saison ne prenne le relais.
Cultures précoces
Dans cet intervalle, la tomate disponible provient essentiellement de cultures précoces, dites de primeur, dont les coûts de production sont plus élevés. Ces cultures nécessitent davantage d’intrants, des techniques spécifiques et un suivi plus intensif, ce qui se répercute mécaniquement sur les prix à la vente. À l’inverse, la production saisonnière, plus abondante et moins coûteuse, n’a pas encore pleinement intégré les circuits de distribution.
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Le responsable agricole se veut toutefois rassurant. Il estime que le marché devrait connaître un rééquilibrage dans les prochaines semaines avec l’arrivée progressive des récoltes de saison, ce qui devrait augmenter l’offre et exercer une pression à la baisse sur les prix.
Autre élément avancé pour apaiser les tensions : l’existence d’un stock important destiné à la transformation industrielle, évalué à plus de 65 000 tonnes. Ce volume, selon les professionnels, joue un rôle d’amortisseur partiel face aux déséquilibres ponctuels du marché.
Une action en amont
Mais au-delà de la conjoncture, le débat revient sur une question plus structurelle : celle du coût de production agricole. Pour le représentant du secteur, la solution durable ne réside pas dans un encadrement des prix de vente au détail, mais plutôt dans une action en amont, visant à réduire le coût des intrants agricoles, notamment les semences et les produits nécessaires à la culture.
Une position qui met en lumière une réalité persistante du secteur agricole tunisien : un producteur souvent pris en étau entre la hausse de ses charges et la pression du marché, au moment même où le consommateur, lui, subit directement les variations des prix.