La Tunisie a réaffirmé son refus d’être considérée comme un pays d’installation ou de transit pour les migrants, lors d’un entretien à New York entre le ministre des Affaires étrangères Mohamed Ali Nafti et le commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, Magnus Brunner. Tunis demande parallèlement à l’Union européenne de renforcer son soutien aux programmes de retour volontaire et d’élargir les voies de migration régulière.
Tunis réaffirme ses lignes rouges
La rencontre, tenue mercredi 23 septembre en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, a porté sur le partenariat entre la Tunisie et l’Union européenne dans le domaine migratoire.
Mohamed Ali Nafti a réaffirmé la position tunisienne fondée sur le respect mutuel, la non-ingérence dans les affaires intérieures et l’égalité entre les partenaires.
Le ministre a également rappelé que la Tunisie ne veut pas devenir un pays d’installation ou de transit pour les migrants. Il a mis en avant les efforts déployés par les autorités tunisiennes contre les réseaux de traite des êtres humains et de trafic de migrants.
Un soutien européen demandé pour les retours
Dans ce cadre, Nafti a appelé la partie européenne à renforcer son soutien aux programmes de retour volontaire des migrants originaires d’Afrique subsaharienne, en coopération avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
La demande tunisienne porte sur un dispositif qui doit permettre aux migrants concernés de regagner volontairement leur pays, avec l’appui de l’OIM. Le ministre a insisté sur la nécessité de garantir leur dignité et leurs droits dans le cadre de ces opérations.
Cette question s’inscrit dans la coopération déjà engagée entre Tunis et l’OIM. Nafti avait également rencontré sa directrice générale, Amy Pope, à New York pour examiner les résultats du mécanisme de retour volontaire et de réintégration.
Tunis demande aussi davantage de migration régulière
Le volet migratoire ne s’est toutefois pas limité aux retours. Mohamed Ali Nafti a également plaidé pour le renforcement des voies de migration régulière et la facilitation de la mobilité entre la Tunisie et l’Union européenne.
Pour Tunis, ces mécanismes sont présentés comme un moyen d’accompagner le développement économique et social et de traiter les causes profondes des migrations.
De son côté, Magnus Brunner a fait part de la volonté de l’Union européenne de renforcer sa coopération avec la Tunisie, notamment dans le domaine de la migration régulière. Le commissaire européen a également indiqué que l’UE entendait poursuivre son soutien financier et logistique à l’OIM.
La rencontre de New York confirme ainsi les deux volets désormais mis en avant dans le dialogue migratoire tuniso-européen : davantage de coopération sur les retours volontaires et le développement de voies régulières, parallèlement au refus tunisien d’assumer un rôle de pays d’installation ou de transit.
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