Près de 4 000 cas d’effets secondaires liés aux médicaments ont été signalés en Tunisie depuis le début de 2026 et jusqu’en octobre, selon le Centre national de pharmacovigilance. Plus de 90 % de ces cas ne présentent pas de gravité, mais leur augmentation souligne l’importance de surveiller les réactions après la prise d’un traitement et de mieux encadrer l’usage des médicaments.
Le Centre national de pharmacovigilance a recensé environ 4 000 cas d’effets secondaires sur un total de 7 500 consultations externes au cours des dix premiers mois de 2026. En 2025, il avait enregistré quelque 4 300 cas pour 8 578 consultations, selon les données communiquées par son directeur général, Riadh Daghfous, à l’agence Tunis Afrique Presse (TAP).
Pourquoi les signalements augmentent-ils ?
Cette hausse des signalements ne signifie pas nécessairement que les médicaments provoquent davantage de complications. Elle peut aussi traduire une meilleure sensibilisation des patients et des professionnels de santé à l’importance de déclarer les symptômes inhabituels apparus après la prise d’un traitement.
Les manifestations les plus fréquemment signalées comprennent des réactions allergiques cutanées ainsi que des perturbations des analyses biologiques liées au fonctionnement du foie et des reins. Certains signalements concernent également des personnes atteintes de maladies chroniques, pour lesquelles le suivi des traitements nécessite une vigilance particulière.
Toutefois, un symptôme apparu après la prise d’un médicament n’est pas automatiquement provoqué par celui-ci. Le Centre national de pharmacovigilance a ainsi constaté que certains cas étaient finalement liés à des aliments, à des infections virales ou à des produits cosmétiques inadaptés. L’analyse médicale permet de rechercher l’origine des symptômes et d’évaluer l’existence éventuelle d’un lien avec le traitement.
La pharmacovigilance consiste à surveiller la sécurité des médicaments, des vaccins et des produits cosmétiques après leur mise sur le marché. Son objectif est de repérer les effets indésirables, d’évaluer les risques et de contribuer à prévenir les complications liées à leur utilisation.
Médicaments sur les réseaux sociaux : quels sont les risques ?
Dans ce contexte, Riadh Daghfous met en garde contre l’achat de médicaments et de compléments alimentaires sur les réseaux sociaux ou en dehors des circuits officiels de distribution. La composition de ces produits peut être incertaine, avec des risques de réactions indésirables potentiellement graves.
L’automédication constitue un autre point de vigilance, notamment lorsqu’elle implique des antibiotiques ou des anti-inflammatoires pris sans avis médical. Un traitement inadapté, une mauvaise posologie ou une utilisation prolongée peuvent entraîner des complications. Les antibiotiques, en particulier, ne doivent pas être utilisés sans indication médicale, notamment en raison du risque de résistance bactérienne.
En 2025, le centre avait également reçu environ 400 femmes enceintes pour évaluer les effets potentiels de médicaments sur le développement du fœtus. Cette activité illustre l’importance d’un suivi adapté pendant la grossesse, période durant laquelle la prise de certains traitements doit faire l’objet d’une évaluation médicale.
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Pour améliorer l’accès à ses services, le centre prépare par ailleurs un projet de consultations numériques à distance. L’objectif est de faciliter le suivi des personnes vivant loin des structures spécialisées. Outre son siège à Tunis, le réseau régional comprend des unités à Sousse, Sfax, Monastir, Bizerte et Nabeul. Le centre de Tunis compte actuellement 18 médecins, selon son directeur général.
Le signalement d’un effet indésirable permet ainsi de contribuer à la surveillance collective de la sécurité des traitements. Face à des symptômes inhabituels après la prise d’un médicament, il convient de demander un avis médical plutôt que de modifier seul son traitement ou de recourir à un autre produit sans conseil professionnel.