La Tunisie poursuit sa dynamique touristique et ambitionne d’attirer près de 12 millions de visiteurs en 2026. Pourtant, une partie importante de son parc hôtelier reste hors service, avec 164 établissements toujours fermés. Entre besoin de modernisation, recherche d’investisseurs et montée en gamme, le secteur fait face à un défi majeur : accompagner la croissance de la demande sans disposer de toutes ses capacités d’accueil.
Le tourisme tunisien retrouve progressivement des couleurs, porté par la hausse des arrivées de visiteurs et l’amélioration des recettes. Mais derrière ces performances se cache une réalité plus contrastée : le pays continue de composer avec un parc hôtelier amputé de nombreuses unités, héritage des crises successives qui ont fragilisé le secteur au cours de la dernière décennie.
Une capacité d’accueil encore limitée
Selon les professionnels du secteur, 164 hôtels demeurent actuellement fermés en Tunisie, a rappelé le député Mohamed Yahyaoui, président de la Commission du tourisme à l’Assemblée des représentants, ce vendredi sur les ondes de Jawhara fm. Faillites, difficultés financières, endettement ou encore manque d’investissements figurent parmi les principales raisons qui empêchent leur réouverture.
Cette situation a réduit la capacité d’hébergement du pays. Alors que la demande touristique retrouve un niveau élevé, une partie des infrastructures reste inexploitable, limitant les possibilités d’accueil dans certaines régions et compliquant la montée en puissance de la destination.
Pour les acteurs du tourisme, la relance du parc hôtelier constitue désormais un enjeu aussi important que la promotion de la destination à l’international.
Une croissance qui exige davantage d’investissements
Les perspectives restent pourtant favorables. La Tunisie espère poursuivre sa progression et atteindre près de 12 millions de visiteurs en 2026, après plusieurs saisons marquées par un redressement continu de l’activité.
Cette dynamique impose toutefois d’adapter les capacités d’accueil aux nouvelles ambitions du secteur. Au-delà du nombre de chambres disponibles, la question porte également sur la qualité des infrastructures, les services proposés et la capacité des établissements à répondre aux standards internationaux.
Dans ce contexte, les professionnels plaident pour une accélération des investissements afin de réhabiliter les hôtels fermés, moderniser les établissements vieillissants et attirer de nouveaux opérateurs capables de redonner vie à des unités restées à l’arrêt pendant plusieurs années.
Miser sur une offre touristique plus diversifiée
La stratégie ne repose pas uniquement sur l’augmentation du nombre de lits. Le secteur souhaite également renforcer des segments à plus forte valeur ajoutée, comme le tourisme de santé, le thermalisme, le bien-être ou encore les séjours culturels et écologiques.
L’objectif est double : diversifier les sources de revenus et réduire la dépendance au tourisme balnéaire saisonnier, tout en attirant une clientèle susceptible de séjourner plus longtemps et de dépenser davantage.
Cette évolution suppose également de poursuivre les efforts de formation, d’améliorer la qualité des services et d’accompagner la transition numérique des établissements touristiques.
Transformer les ambitions en résultats
La réouverture des hôtels fermés apparaît aujourd’hui comme l’un des principaux leviers de développement du tourisme tunisien. Au-delà de l’augmentation de la capacité d’accueil, elle permettrait de préserver des emplois, de dynamiser les économies locales et de renforcer l’attractivité de plusieurs régions.
Si les indicateurs touristiques sont de nouveau orientés à la hausse, le véritable défi consiste désormais à transformer cette reprise en croissance durable. Pour y parvenir, la Tunisie devra conjuguer modernisation des infrastructures, diversification de son offre et amélioration de la qualité des prestations afin de consolider sa place parmi les principales destinations touristiques de la Méditerranée.
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