Le journaliste et rédacteur en chef du site Inhiyaz, Ghassen Ben Khelifa, a annoncé avoir quitté la Tunisie après avoir été condamné à deux ans de prison par la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis.
Le verdict, rendu dans une affaire liée à la gestion d’une page Facebook, s’inscrit dans le cadre de poursuites fondées notamment sur le décret-loi 54. Le journaliste conteste fermement les accusations.
Des accusations rejetées
La justice reproche au journaliste l’« utilisation de réseaux et systèmes d’information en vue de produire et diffuser de fausses informations portant atteinte à la sécurité publique ». Le dossier inclut également des accusations graves, telles que l’appartenance présumée à une entente terroriste et l’incitation au terrorisme.
Ghassen Ben Khelifa rejette catégoriquement ces charges, affirmant n’avoir aucun lien avec la page incriminée. Il soutient que le principal accusé aurait reconnu être l’unique administrateur du compte. Dans sa déclaration, il évoque une première condamnation de six mois dans une affaire liée, portant la peine globale à deux ans et demi, et dénonce un verdict qu’il juge injuste.
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Se disant contraint de quitter le pays pour des raisons personnelles et familiales, Ghassen Ben Khelifa indique ne pas envisager un retour à court terme. Il affirme néanmoins vouloir poursuivre ses activités journalistiques et militantes depuis l’étranger.
Le SNJT dénonce
De son côté, le Syndicat national des journalistes tunisiens a vivement critiqué la décision judiciaire. Dans une déclaration publiée ce mardi, le syndicat estime que les peines de prison infligées à des journalistes ces deux dernières années sont contraires à l’article 31 de la Constitution tunisienne ainsi qu’aux engagements internationaux du pays en matière de liberté de la presse et de droits humains.
Le syndicat appelle à faire du décret-loi 115 le cadre juridique exclusif pour les affaires liées à la publication, tout en rejetant l’utilisation de textes jugés répressifs à l’encontre des journalistes. Il souligne que les restrictions à la liberté d’expression constituent une menace pour la démocratie et fragilisent l’État de droit, réaffirmant son engagement à défendre la profession.