Le dollar américain a franchi ce mardi 6 octobre 2026 le seuil symbolique de 3 dinars sur le marché interbancaire tunisien, selon les indicateurs de la Banque centrale de Tunisie (BCT). Ce niveau n’avait plus été atteint depuis le 16 mai 2025.
Ce franchissement intervient après plusieurs semaines de progression du billet vert face au dinar. Au 2 octobre, le dollar était encore coté à 2,9967 dinars, après avoir progressé de 2,44 % sur un mois et de 1,19 % sur une semaine, selon les données de la BCT rapportées par Tunisie Numérique.
La tendance était déjà visible fin septembre. Le dollar s’établissait alors à 2,9775 dinars au 30 septembre, contre 2,9194 dinars un mois auparavant, traduisant une progression de près de 2 % sur cette période.
Une remontée progressive après une période de renforcement du dinar
Le passage au-dessus de 3 dinars ne signifie toutefois pas que le dinar a enregistré une dépréciation continue depuis le début de l’année. Selon les données de la BCT, le dinar avait même enregistré une appréciation moyenne de 5,9 % face au dollar au premier semestre 2026, en comparaison avec la même période de 2025.
La situation s’est ensuite inversée. À fin juin 2026, le dinar avait reculé de 2 % face au dollar par rapport à son niveau de fin 2025. À fin juillet, le billet vert s’échangeait autour de 2,9375 dinars, avant de poursuivre progressivement sa remontée au cours des mois suivants.
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Cette évolution intervient alors que le dollar occupe une place importante dans les échanges extérieurs de la Tunisie, notamment pour les produits énergétiques. Une hausse du dollar peut ainsi accroître le coût, en dinars, de certaines importations libellées dans cette devise.
Quel impact pour l’économie tunisienne ?
Le franchissement du seuil de 3 dinars constitue avant tout un repère symbolique, mais il peut également avoir des conséquences économiques si la tendance devait se prolonger.
Pour les importateurs dont les achats sont libellés en dollars, notamment dans certains secteurs énergétiques et industriels, un dollar plus cher signifie mécaniquement davantage de dinars nécessaires pour régler les mêmes factures. Le mouvement peut également peser sur le coût en dinars du service de la dette extérieure libellée en dollars.
À l’inverse, les entreprises tunisiennes qui réalisent des recettes en dollars peuvent bénéficier d’un effet de change favorable lorsque ces revenus sont convertis en dinars. Le franchissement observé ce mardi ne permet donc pas, à lui seul, de conclure à une nouvelle tendance durable du marché des changes. L’évolution des prochaines cotations de la BCT permettra de déterminer si le dollar se maintient au-dessus de 3 dinars ou s’il s’agit d’un dépassement ponctuel de ce seuil.