Le Président du conseil de la Choura iranien, Ali Larijani a prononcé, aujourd’hui, au siège de l’Assemblée nationale constituante, un discours extrêmement politisé, et coupant court avec le langage diplomatique, souvent utilisé lors de ce genre d’événements. Avertissant les Tunisiens contre les menaces qui pèsent encore sur la révolution, il a rappelé que les «Etats puissants ont imposé à l’Iran (après la révolution de 1979) une guerre de huit ans», en référence au conflit ayant opposé, de 1980 à 1988, les Iraniens aux Irakiens.
«Nous devons superviser les pays qui ont fait une révolution afin de mettre fin à l’hégémonie des Etats puissants, et que s’ils sortent par la porte, ils ne parviennent pas à entrer par la fenêtre», a soutenu Ali Larijani. «Que doit-on faire contre eux ?», s’est-il interrogé, avant de défendre qu’«il n’y a pas d’autres alternatives que la résistance». «Le peuple palestinien n’a d’autres choix que la résistance, a-t-il lancé, sous les applaudissements d’une grande partie de l’hémicycle. L’Imam Khomeiny avait dit qu’Israël constitue un cancer dans la région. Ses mots sont justes. Même après ces révolution, (les Etats puissants) ont essayé de neutraliser ces mouvements et de les dévier afin qu’Israël en profite.»
Après cela, Larjani a appelé à l’union des peuples musulmans contre les Etats hégémonistes : «Il faut la résistance et l’union des peuples musulmans. Les musulmans n’ont point besoins d’aumône. Les Etats islamiques ont du gaz et du pétrole et disposent de technologies modernes. Ils peuvent s’entraider.» «Aujourd’hui, le monde musulman affronte deux obstacles, a-t-il analysé. Le premier obstacle est les colonisateurs et les Etats puissants. Le second obstacle est les extrémistes et les terroristes qui veulent frapper le monde musulman de l’intérieur. Les différentes doctrine de l’Islam ont un même Dieu et un même prophète et prient dans la même direction. Aujourd’hui, les tenants de certaines de ces doctrines s’entretuent. Tout cela a profité à Israël et aux Etats-Unis.»
Pour conclure, Ali Larjani a rappelé que «dès le début, la République islamique iranienne a soutenu et appuyé la révolution tunisienne». De son côté, la délégation américaine, présente à l’ANC a réagit à cette allocution en se retirant de l’ANC en protestation contre les propos du président du parlement Iranien Ali Larijani.
Ce dernier a attaqué Israël et l’a décrit de « cancer » dans la région ce qui a pour effet de provoquer la colère des Américains présents à l’ANC.
K. ABDELMOUMEN

