Alors que l’Etat tunisien a fixé des horaires de fermeture des mosquées et a décidé la récupération de plus de 150 lieux de culte échappant à son contrôle, Houcine Laâbidi, Cheikh de la mosquée Zitouna, a affirmé, dans une déclaration accordée à l’AFP, que «la Grande mosquée n’est pas concernée par le programme de neutralisation des mosquées annoncé par le gouvernement de Mehdi Jomaâ car la mosquée est neutre et indépendante».
L’Etat tient, cependant, une autre version. Ainsi, d’après un responsable du ministère des Affaires religieuses, la Grande mosquée est classée parmi les mosquées échappant au contrôle de l’Etat.
Cheikh Houcine Laâbidi affirme cependant le contraire : «la Grande mosquée n’échappe pas au contrôle de l’Etat car, tout simplement, elle ne lui appartient pas». «Le gouvernement n’a pas le droit, d’après la loi, de s’immiscer dans les affaires de la Grande mosquée et de ses 25 branches», a-t-il soutenu.
Aussi, il rappelle que le gouvernement de la Troïka a signé, le 12 mai 2012, un document dans lequel im affirme «l’indépendance de la Grande mosquée», laquelle «jouit d’une personnalité juridique».
Epicentre du terrorisme ?
Ce document dispose, par ailleurs, que Houcine Laâbidi est «le Cheikh de la Grande mosquée et de ses branches» et que la gestion et l’organisation de la mosquée est assurée, exclusivement, par les Cheikhs».
Toutefois, en août 2012, le gouvernement avait affirmé que la Mosquée de Zitouna est rattachée à la primature et au ministère des Affaires religieuses. La justice y a vu autrement, et un jugement du Tribunal de première instance de Tunis a confirmé, en référé, en août 2012, l’indépendance de la Grande mosquée.
Pour rappel, l’Etat a dressé une liste de 149 mosquées classées comme «dangereuses» et échappant à son contrôle.
Rappelons que dans une déclaration accordée à Shems FM, le 11 mars dernier, Fadhel Achour, président du syndicat national des cadres religieux, avait soutenu que la mosquée Zitouna était devenue l’épicentre du terrorisme et est la première sur la liste des mosquées rebelles dont le nombre exact est de 216.
Cheikh Houcine Laâbidi s’est défendu contre cette accusation, affirmant que l’enseignement «moderne» donné au sein de la mosquée Zitouna, contribue à lutter contre «la pensée wahabite» et «les groupuscules takfiristes et terroristes».
