Vingt travailleurs tunisiens ont rejoint l’île italienne de Procida pour être employés dans le secteur du bâtiment, après six mois de formation en Tunisie. Recrutés par l’intermédiaire de Nuove Frontiere Lavoro, ils travailleront pour l’entreprise Anzuino S.r.l., qui leur assure également un logement gratuit. Cette opération, liée au Plan Mattei, emprunte un dispositif légal d’entrée en Italie en dehors des quotas ordinaires du Decreto Flussi.
Une nouvelle voie de recrutement s’ouvre pour les travailleurs tunisiens en Italie. Vingt ressortissants tunisiens sont arrivés sur l’île de Procida, dans la région de Campanie, pour exercer comme maçons au sein de l’entreprise italienne Anzuino S.r.l. Le projet, porté par l’agence Nuove Frontiere Lavoro, en collaboration avec les partenaires tunisiens Delta Center, Format et Idee Insieme, a été présenté vendredi 30 octobre 2026 au conseil municipal de Procida.
Six mois de formation avant le départ
Cette initiative, associée au Plan Mattei italien, repose sur un parcours organisé en Tunisie, avant le départ des travailleurs. Elle vise à répondre aux besoins de main-d’œuvre des entreprises italiennes tout en facilitant une mobilité professionnelle encadrée.
Les vingt travailleurs ont suivi un programme préparatoire de six mois en Tunisie. Celui-ci comprenait une formation linguistique, une préparation technique aux métiers du bâtiment, des modules consacrés à la sécurité au travail ainsi qu’à l’utilisation des équipements de protection individuelle.
Le parcours incluait également une formation complémentaire de 160 heures, sanctionnée par une évaluation de niveau A1.
Selon Majdi Karoui, responsable opérationnel du projet, cité par l’agence Agenzia Nova, vingt candidats ont été sélectionnés parmi plusieurs centaines de candidatures et d’entretiens. Après la validation des formations, les procédures administratives nécessaires à l’obtention des autorisations et des visas de travail ont été engagées auprès des autorités italiennes.
Un recrutement en dehors des quotas ordinaires
L’une des particularités de cette opération réside dans son mécanisme d’entrée en Italie. Les vingt travailleurs ont bénéficié du dispositif réservé aux ressortissants étrangers ayant suivi des programmes spécifiques de formation professionnelle et linguistique dans leur pays d’origine.
Ce canal permet leur recrutement en dehors des quotas ordinaires fixés par le Decreto Flussi, le dispositif italien qui encadre les entrées de travailleurs étrangers. Il ne s’agit donc pas d’une entrée sans autorisation : les intéressés disposent de permis de séjour réguliers pour travail salarié.
Un modèle susceptible de s’étendre
Cette première opération pourrait ouvrir la voie à d’autres recrutements dans différents secteurs de l’économie italienne.
Sandro Fratini, président de Delta Center, a évoqué auprès d’Agenzia Nova la possibilité de reproduire le dispositif dans d’autres branches, notamment le tourisme et l’hôtellerie-restauration, en fonction des besoins des entreprises italiennes et des priorités de coopération avec la Tunisie.
Les promoteurs du projet souhaitent également que cette expérience permette aux travailleurs de développer des compétences professionnelles susceptibles de bénéficier à leur pays d’origine à l’issue de leur expérience en Italie.
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