La Tunisie a attiré 1 303,9 millions de dinars d’investissements étrangers durant les quatre premiers mois de 2026, en hausse de 25,7% par rapport à la même période de 2025, selon les données de l’Agence de promotion de l’investissement extérieur (FIPA) relayées par l’agence TAP. Derrière cette progression, un déséquilibre sectoriel majeur se confirme sur les 1 288,5 millions de dinars d’investissements directs étrangers (IDE) : l’industrie capte désormais 71,4% de ces flux, tandis que les services reculent de 35,7%. Cette évolution confirme le poids croissant de l’industrie dans les investissements étrangers dirigés vers la Tunisie.
Une trajectoire haussière qui s’accélère depuis 2023
La performance à fin avril 2026 s’inscrit dans une dynamique engagée depuis la sortie de crise sanitaire. Les investissements étrangers totaux sont passés de 2 533,3 MD en 2023 à 2 956,6 MD en 2024, puis à 3 572,1 MD en 2025, avant d’afficher sur les quatre premiers mois de 2026 une progression de 25,7% sur un an — et de 67,7% par rapport à la même période de 2024.
La FIPA fixe l’objectif annuel 2026 à 4 milliards de dinars, dans le cadre du Plan quinquennal de développement 2023–2026. Avec 1 303,9 MD enregistrés à fin avril, l’objectif annuel reste atteignable, à condition que le rythme des flux se maintienne.
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L’industrie, locomotive incontestée des flux étrangers
Le secteur industriel accentue encore sa domination : 919,4 MD à fin avril 2026, soit 71,4% du total des investissements directs étrangers, contre 61% en 2024 et 62,6% en 2025. En valeur absolue, la progression atteint 56,7% par rapport à la même période de 2025. Cette concentration confirme le poids croissant de l’industrie dans les flux d’IDE vers la Tunisie.
Le secteur énergétique occupe la deuxième place avec 241,9 MD, soit 18,8% du total, en léger recul de 6,8% sur un an. L’agriculture progresse de 19,2% à 16,2 MD.
La chute des services : anomalie ou avertissement ?
Les données disponibles font également état d’un recul des investissements dans les services de 35,7%, à 111,1 MD, contre 172,8 MD un an plus tôt. Ce recul contraste avec la forte progression industrielle et constitue un point de vigilance à suivre sur les prochains trimestres.
Aucune donnée officielle ne précise, à ce stade, si cette baisse s’explique par l’absence de grands projets tertiaires, un effet de base ou d’autres facteurs conjoncturels.
La Bourse, signal discret mais encourageant
Les investissements de portefeuille, c’est-à-dire les placements en Bourse par des non-résidents, atteignent 15,4 MD à fin avril 2026, contre 4,5 MD à la même période de 2025, soit une hausse de 238,4%. Cette progression, bien que limitée en volume, signale un regain d’intérêt pour l’investissement financier étranger.
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