À quelques semaines des premières pluies d’automne, le gouvernement fait le point sur un chantier très concret : ce qui a réellement été curé, nettoyé ou entretenu depuis le début de l’année pour réduire le risque d’inondations. Le bilan présenté jeudi 20 août en Conseil ministériel montre des niveaux d’avancement très différents selon les interventions.
Près de 59 % du programme général de curage a été réalisé à fin juillet. Mais pour les oueds, cette proportion tombe à environ 36 %. Le gouvernement demande désormais que les travaux prioritaires soient achevés avant la période la plus exposée aux fortes pluies.
2 250 kilomètres traités sur les 3 800 prévus
À fin juillet, 2 250 kilomètres de canaux, cours d’eau et ramifications avaient été curés et nettoyés sur un programme annuel d’environ 3 800 kilomètres.
Cela représente près de 59 % de l’objectif fixé pour 2026. Pour les bassins de rétention, 62 hectares ont été traités sur les quelque 70 hectares programmés.
Le bilan est nettement moins avancé pour les oueds : 131 kilomètres ont été curés sur les 363 kilomètres prévus, soit environ 36 %. Les interventions restantes concernent 18 gouvernorats.
Cette différence est l’un des principaux enseignements du bilan présenté par le gouvernement : alors que près des trois cinquièmes du programme général ont été réalisés, près des deux tiers des kilomètres d’oueds programmés restent encore à traiter.
Plus de 500 kilomètres de réseaux pluviaux restent à curer
Le travail porte également sur les réseaux destinés à évacuer les eaux de pluie. À fin juillet, 476 kilomètres avaient été curés. Les interventions doivent encore couvrir 562 kilomètres supplémentaires.
Du côté des ouvrages hydrauliques, 83 lacs collinaires ont été entretenus et les travaux se poursuivent sur 116 autres.
Des interventions exceptionnelles ont par ailleurs été réalisées dans les gouvernorats de Monastir, Mahdia et Gafsa au niveau des oueds et des réseaux d’évacuation.
Le Conseil ministériel demande désormais des inspections précises des zones et infrastructures considérées comme prioritaires, ainsi qu’une vérification de la disponibilité des équipements et moyens d’intervention.
132 millions de dinars après les inondations de janvier
Le bilan apporte également une précision importante sur les conséquences des inondations de janvier 2026.
Une enveloppe de 132 millions de dinars a été mobilisée pour traiter les dégâts dans 15 gouvernorats. Les travaux sont répartis en deux tranches. La première concerne 120 points pour un montant de 84 millions de dinars.
Ces interventions sont distinctes du programme de protection contre les inondations déjà engagé cette année. Celui-ci comprend 29 projets concernant plusieurs villes et zones urbaines, pour un coût global proche de 396 millions de dinars.
Webdo avait présenté ce programme en février, ainsi que l’objectif annuel de 3 800 kilomètres de curage. Les données arrêtées à fin juillet permettent aujourd’hui de mesurer ce qui a effectivement été réalisé.
Les « points noirs » doivent être classés par priorité
À l’approche de la saison des pluies, les autorités veulent également revoir la cartographie des secteurs vulnérables.
Le Conseil ministériel demande de classer les « points noirs », zones et infrastructures exposés aux inondations selon leur degré de priorité. Les bases de données des « points bleus » doivent être actualisées et les plans de prévention et d’intervention révisés aux niveaux national, régional et local.
Le dispositif de surveillance, de mesure et d’alerte précoce doit lui aussi être renforcé.
Le chiffre à surveiller au cours des prochaines semaines sera surtout celui des travaux restant à réaliser. À fin juillet, 1 550 kilomètres du programme général de curage n’avaient pas encore été traités et 232 kilomètres d’oueds restaient à prendre en charge. À l’approche de l’automne, c’est désormais l’exécution de ce reliquat qui permettra de mesurer le niveau réel de préparation.
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