Le marché immobilier tunisien traverse une forte contraction, selon la Chambre nationale des promoteurs immobiliers. Son président, Hechmi Miliani, affirme que le volume des ventes a reculé de 80% « par rapport aux niveaux antérieurs », alors que les coûts du foncier et de la construction continuent de peser sur les prix. La profession appelle notamment à renforcer les mécanismes de financement afin de soutenir l’accès au logement.
Un effondrement des ventes avancé par la profession
Invité jeudi 27 août sur Express FM, Hechmi Miliani a évoqué une chute de 80% du volume des ventes immobilières.
Ce chiffre constitue l’un des indicateurs les plus marquants avancés par la profession, mais il doit être interprété avec prudence : le responsable ne précise pas la période servant de référence à cette comparaison et aucune série statistique détaillée n’accompagne cette estimation.
Le constat avancé par les promoteurs reste néanmoins celui d’un net ralentissement de la demande, dans un marché où le pouvoir d’achat des ménages peine à suivre l’évolution des prix.
Jusqu’à 5500 dinars le mètre carré de foncier
La pression sur les coûts constitue, selon la profession, l’une des principales difficultés du secteur.
Hechmi Miliani évoque un prix du foncier pouvant atteindre 5000 à 5500 dinars le mètre carré dans certaines zones. À cela s’ajoutent les coûts de construction et les différentes charges supportées par les promoteurs.
Cette inflation des coûts se répercute directement sur les prix proposés aux acquéreurs. Certains appartements de type S+2 peuvent ainsi atteindre 700.000 à 900.000 dinars, selon les chiffres avancés par le président de la Chambre.
De l’achat vers la location
Face à ces niveaux de prix et aux difficultés d’accès au crédit, une partie de la demande se détournerait progressivement de l’acquisition pour se tourner vers la location.
Ce basculement intervient alors que les ménages sont confrontés à un double problème : des logements devenus plus difficiles à financer et des prix de vente qui restent élevés malgré la contraction annoncée des transactions.
Pour les promoteurs, la relance du marché passe donc notamment par une amélioration des conditions de financement des acquéreurs.
Les 380 millions de dinars du FOPROLOS au cœur des propositions
La profession propose notamment de mobiliser davantage les ressources du Fonds de promotion des logements pour les salariés (FOPROLOS), dont les ressources annuelles sont estimées à environ 380 millions de dinars, afin de faciliter l’accès au crédit.
L’idée avancée consiste notamment à proposer des crédits bonifiés à un taux proche de 3%, destinés à rendre l’acquisition immobilière plus accessible aux ménages.
Cette proposition vise à agir directement sur l’un des principaux freins identifiés par la profession : la capacité de financement des acheteurs.
Un marché sous tension
Le secteur immobilier se retrouve ainsi pris entre des coûts élevés, des prix de vente difficilement accessibles et une demande qui, selon les promoteurs, s’est fortement contractée.
Le chiffre de –80% des ventes, bien que recoupé dans les déclarations publiques du président de la Chambre nationale des promoteurs immobiliers, ne constitue toutefois pas à ce stade une statistique officielle accompagnée d’une période de référence précise.
Son évolution devra donc être confrontée aux prochaines données disponibles sur les transactions immobilières pour mesurer l’ampleur réelle du ralentissement.
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