Les principales organisations représentant le secteur agricole et coopératif espagnol ont désormais adopté une position commune contre certaines modalités d’importation d’huile d’olive, en ciblant notamment les produits provenant de Tunisie.
Dans un communiqué commun, l’ASAJA, la COAG, l’UPA et Cooperativas Agro-alimentarias de España ont demandé au gouvernement espagnol et aux différentes administrations de renforcer les contrôles et la traçabilité des importations d’huile d’olive. Elles réclament notamment une meilleure visibilité sur les mouvements des huiles stockées dans les dépôts douaniers et des mécanismes permettant de suivre leur parcours.
La principale nouveauté réside dans le fait que cette revendication est désormais portée conjointement par les quatre organisations. Jusqu’ici, les critiques concernant les importations tunisiennes avaient notamment été formulées par la COAG et certains acteurs du secteur. Le communiqué commun élargit donc cette contestation à l’ensemble des principales organisations agricoles et coopératives espagnoles.
La Tunisie explicitement visée
Les quatre organisations demandent la suppression du régime de perfectionnement actif, un dispositif douanier permettant à des produits non européens d’entrer dans l’Union européenne sans acquitter immédiatement les droits de douane lorsqu’ils sont destinés à certaines opérations de transformation avant réexportation ou mise en libre pratique.
Mais leur demande va plus loin dans le cas tunisien. Le communiqué précise que, concernant la Tunisie, elles souhaitent la suspension non seulement du régime de perfectionnement actif, mais également du contingent tarifaire. Elles considèrent que les importations tunisiennes figurent parmi les flux qui « distorsionnent le marché ».
Les organisations demandent également davantage de transparence sur les importations et la traçabilité des huiles présentes dans les dépôts douaniers. Elles estiment notamment nécessaire de pouvoir suivre les mouvements des produits et de renforcer les mécanismes de contrôle sur l’ensemble de la chaîne.
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Cette demande intervient alors que le poids de l’huile tunisienne dans les importations espagnoles a fortement progressé. Selon des données relayées par l’ASAJA à partir d’un rapport de la Consejería de Agricultura de la Junta de Andalucía, 77,1 % des importations espagnoles d’huile d’olive tunisienne étaient placées sous le régime du perfectionnement actif en 2025. Entre janvier et avril 2026, cette proportion a atteint 96 %.
Les organisations espagnoles associent cette évolution à leurs préoccupations sur la rentabilité du secteur oléicole national. Elles demandent parallèlement un renforcement des inspections, notamment sur les mouvements des produits, les processus industriels et le bilan des masses, afin de mieux détecter d’éventuelles mélanges ou pratiques frauduleuses.
Un paquet beaucoup plus large de mesures réclamées
Le dossier des importations tunisiennes s’inscrit ainsi dans un paquet beaucoup plus large de mesures réclamées par ASAJA, COAG, UPA et Cooperativas Agro-alimentarias de España pour soutenir la rentabilité et la compétitivité de l’olivier espagnol. Parmi leurs autres demandes figurent notamment un renforcement des sanctions contre les fraudes sur la qualité et l’étiquetage, des financements pour les huileries et un plan stratégique pour l’olivier traditionnel.
La convergence des quatre organisations donne toutefois une nouvelle dimension au dossier tunisien : la question des importations en provenance de Tunisie fait désormais partie des revendications communes du principal mouvement agricole et coopératif espagnol du secteur oléicole.