À dix jours de la grève générale prévue le 21 janvier, les délais légaux pour l’envoi du préavis arrivent à expiration, sans qu’aucune formalité n’ait encore été accomplie. Cette situation souligne les divisions internes persistantes au sein de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et pourrait compromettre la tenue du mouvement.
La commission administrative de l’UGTT avait décidé, les 5 et 6 décembre 2025, d’appeler à une grève générale le 21 janvier 2026, conformément à la décision du Conseil national de septembre 2024. Le préavis légal, qui doit être émis dix jours avant la date de la grève, n’a cependant pas encore été signé par le secrétaire général démissionnaire, Noureddine Taboubi, alors que l’échéance légale tombe ce dimanche 11 janvier. Cette incertitude jette le doute sur la validité juridique de la grève.
Préavis en suspens et implications légales
Le Code du travail impose un préavis obligatoire pour que le droit de grève, garanti par la Constitution de 2022, soit respecté. Sans cette formalité, toute action syndicale serait considérée juridiquement invalide.
Ikbal Azzabi, secrétaire général de la Fédération de l’enseignement de base relevant de l’UGTT, a indiqué, dans une déclaration à l’agence TAP, que l’absence de préavis pourrait contraindre la fédération à convoquer sa commission administrative sectorielle afin de déterminer les prochaines formes de protestation. Une grève sectorielle initialement prévue pour le 26 janvier avait déjà été reportée afin de s’aligner sur le calendrier de la grève générale.
Blocage des négociations et revendications salariales
L’UGTT justifie son appel à la grève par le blocage des négociations sociales avec le gouvernement et l’insertion dans la loi de finances 2026 d’augmentations salariales pour les années 2026 à 2028, couvrant les secteurs public, privé et les retraités, sans consultation préalable avec l’organisation syndicale. Le conflit reflète une tension durable autour de la représentation des salariés et du dialogue social.
Crise interne à l’UGTT
Cette situation s’inscrit dans un contexte de crise interne, accentuée par la démission de Noureddine Taboubi le 23 décembre 2025. Selon le règlement intérieur, sa démission ne prend effet qu’après l’achèvement des procédures internes, sur le point d’arriver à leur terme.
L’absence de clarification sur ce processus et les divisions persistantes au sein du bureau exécutif pourraient avoir des conséquences importantes sur la tenue de la grève générale et sur l’organisation du prochain congrès de l’UGTT, dont la date et la nature restent sujettes à controverse.
Avec l’approche rapide du 21 janvier et la fin imminente des délais légaux pour le préavis, toutes les parties sont sous pression. Les syndicats sectoriels, les militants et le gouvernement suivent de près cette échéance, conscients que le respect ou non de la procédure pourrait conditionner le déroulement de la mobilisation et influencer l’avenir de l’organisation.
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