Face à la hausse excessive des prix, Kaïs Saïed demande de revoir la politique d’importation et d’intensifier la lutte contre la corruption. Lors d’une réunion tenue mercredi 23 septembre à Carthage avec la cheffe du gouvernement et le gouverneur de la Banque centrale, le président a également insisté sur un meilleur accès au crédit et sur le rôle des banques dans le soutien à l’économie.
Les importations dans le viseur
La question de la hausse des prix a occupé une place importante dans la réunion entre Kaïs Saïed, Sara Zaafrani Zenzri et Fethi Zouhair Nouri. Le président de la République a insisté sur la nécessité de « rationaliser les importations », sans toutefois annoncer dans le communiqué de nouvelles mesures précises ou une liste de produits concernés.
Cette orientation est associée, dans le même communiqué, à la lutte contre la corruption. Kaïs Saïed estime que celle-ci ne se limite pas aux pratiques de corruption au sens strict, mais englobe également la fraude, les entraves au fonctionnement des services publics et ce qu’il qualifie de mauvais traitement infligé aux usagers de l’administration.
Les banques appelées à faciliter le crédit
L’autre volet économique de la réunion concerne le financement. Kaïs Saïed a rappelé le rôle de la Banque centrale dans le soutien à l’économie nationale et dans la recherche de solutions permettant d’atteindre les équilibres financiers.
Il a également insisté sur la mission particulière des banques publiques, créées notamment pour accompagner les efforts de l’État. Les autres établissements bancaires sont, eux aussi, appelés à faciliter l’accès aux crédits dans des conditions « aisées » et à respecter les circulaires de la Banque centrale.
Le message présidentiel porte ainsi sur deux leviers économiques distincts : agir sur les importations dans un contexte de renchérissement des prix et améliorer les conditions d’accès au financement pour les citoyens et les entreprises.
L’État social au centre du discours
La réunion a également été l’occasion pour Kaïs Saïed de rappeler sa conception du rôle économique et social de l’État. Il a cité notamment la santé, le transport, l’éducation et la couverture sociale, estimant que l’État social devait constituer une réalité perceptible dans la vie quotidienne et dans toutes les régions.
Cette référence s’inscrit dans la ligne politique défendue par le président autour de la justice sociale et d’un rôle important des services publics. Elle accompagne, dans le communiqué, son appel à une complémentarité entre les secteurs public et privé.
Kaïs Saïed a enfin donné une dimension politique à son propos. Il a affirmé que certaines pratiques et les personnes qui les soutiennent chercheraient à « faire échouer le processus révolutionnaire », tout en accusant certains cercles de vouloir présenter les revendications de la révolution comme une illusion.
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