L’obligation de généralisation de la facturation électronique, prévue par la loi de finances 2026, ne sera pas appliquée de manière rigide dès janvier. Le ministère des Finances a annoncé une approche souple afin d’éviter des perturbations pour les PME et plusieurs secteurs encore peu digitalisés. Cette orientation a été au centre d’une réunion au palais de Carthage consacrée aux équilibres financiers de l’État.
Une application graduelle pour éviter les blocages
Le ministère des Finances a confirmé que les dispositions de l’article 53 de la loi de finances 2026, qui imposent l’émission de factures électroniques, feront l’objet d’une application flexible dans leur phase initiale. L’objectif affiché est d’éviter les dysfonctionnements liés aux difficultés d’accès aux plateformes numériques, notamment pour les petites et moyennes entreprises et certaines activités encore faiblement numérisées.
Selon le département des Finances, cette approche vise également à prévenir toute confusion dans les circuits économiques et à limiter les risques de perturbation dans le fonctionnement normal des entreprises et des échanges commerciaux.
La question a été abordée lors d’une réunion tenue au palais de Carthage entre le président de la République, Kaïs Saïed, et la ministre des Finances, Mechket Slama Khaldi, consacrée à plusieurs dossiers liés aux équilibres financiers de l’État, dont celui de la facturation électronique.
À cette occasion, le chef de l’État a pointé le retard accusé par de nombreuses PME dans l’accès aux plateformes numériques, ainsi que la persistance de secteurs entiers qui n’ont pas encore entamé leur transition digitale. Il a appelé à faire preuve de pragmatisme afin d’éviter que l’entrée en vigueur du nouveau dispositif ne se transforme en facteur de blocage économique.
La digitalisation présentée comme un levier contre la corruption
Tout en insistant sur la nécessité d’une mise en œuvre progressive, le président de la République a rappelé que la création des plateformes numériques constitue un préalable indispensable à l’application effective de la facturation électronique. Il a également souligné que la digitalisation des transactions dans les différents secteurs représente un axe stratégique pour moderniser l’économie et renforcer la transparence.
Selon lui, ce chantier structurel est appelé à jouer un rôle central dans la réduction des pratiques de corruption et dans l’amélioration de la gouvernance financière, à condition qu’il soit déployé en tenant compte de la réalité du tissu économique et des capacités réelles des entreprises.
Lire aussi :