Les exportations tunisiennes de dattes poursuivent leur progression et atteignent désormais 908,4 millions de dinars. Une performance qui intervient alors qu’à Tataouine, encore loin des grandes oasis productrices, la culture du palmier dattier commence à se développer.
Plus de 144.000 tonnes exportées
Selon les dernières données de l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI), relayées par la TAP, la Tunisie a exporté 144,1 mille tonnes de dattes durant les dix premiers mois de la campagne 2025-2026, contre 127,2 mille tonnes durant la même période de la campagne précédente, soit une progression de 13,3 %.
Les recettes ont augmenté de 12,2 %, passant de 809,6 à 908,4 millions de dinars.
La Deglet Nour demeure le produit phare de la filière : elle représente 84 % des quantités exportées et 93,9 % des recettes.
Cette progression intervient malgré un léger recul des prix. Le prix moyen s’établit à 6,30 DT/kg, en baisse de 0,9 %, tandis que celui de la Deglet Nour atteint 7,05 DT/kg, en diminution de 0,6 %.
Lire aussi: Exportations de dattes : Les recettes tunisiennes atteignent 854,4 MD, en hausse de 10,7 %
Les dattes biologiques affichent, de leur côté, une évolution particulièrement favorable. Quelque 8.256,9 tonnes ont été exportées pour une valeur de 82,2 millions de dinars. Les volumes progressent de 8,1 %, tandis que les recettes bondissent de 32,6 %.
Les dattes tunisiennes sont désormais écoulées sur quelque 86 marchés. L’Union européenne absorbe 45,7 % des volumes, devant l’Afrique (22,9 %) et l’Asie (19,6 %).
Tataouine : Une filière encore modeste
Parallèlement, la culture du palmier dattier commence à gagner du terrain à Tataouine. Le gouvernorat compte environ 50 hectares, répartis entre quelque 70 exploitations agricoles, pour une capacité de production estimée entre 100 et 150 tonnes.
Ces volumes restent très modestes face aux grands bassins de Kébili, Tozeur, Gafsa et Gabès. Mais cette émergence intervient au terme d’une campagne exceptionnelle, avec une production tunisienne ayant atteint le niveau record de 404.000 tonnes.
Le développement de nouvelles zones de production soulève cependant la question de la disponibilité de l’eau. L’expansion des palmeraies dans le Sud tunisien s’accompagne déjà d’une pression importante sur les ressources souterraines.
Lire aussi: Dattes : Les records de production cachent l’épuisement des nappes du Sud
Pour Tataouine, l’enjeu sera donc double : profiter de la dynamique d’une filière exportatrice qui approche désormais le milliard de dinars de recettes, tout en évitant que son développement ne reproduise les tensions hydriques observées dans les principaux bassins dattiers du Sud.