La vague de chaleur qui touche la Tunisie exerce une pression exceptionnelle sur le réseau électrique national. Selon l’économiste spécialisé dans la modélisation des risques environnementaux, Hazem Krichen, la consommation d’électricité a bondi d’environ 30%, atteignant près de 5000 mégawatts (MW) aux heures de pointe. Face à une capacité de production insuffisante, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) est contrainte de recourir à des coupures tournantes, avec un coût économique qui pourrait rapidement devenir considérable.
Un déficit de près de 400 MW malgré les importations
Intervenant vendredi sur Express FM, Hazem Krichen a expliqué que la capacité maximale de production de la STEG est actuellement estimée à 4630 MW, soit un déficit d’environ 400 MW par rapport à la demande observée entre 13h et 17h.
Une partie de cet écart est compensée par les importations d’électricité en provenance d’Algérie. Malgré ce soutien, la STEG est amenée à pratiquer des délestages temporaires afin d’éviter une surcharge susceptible d’entraîner un blackout généralisé.
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Des pertes qui pourraient dépasser 50 millions de dinars
Selon les estimations de l’économiste, chaque kilowattheure (kWh) non distribué représente une perte économique comprise entre 4 et 5 dinars.
En se basant sur un PIB annuel d’environ 160 milliards de dinars et une production électrique nationale de 19,3 térawattheures (TWh), Hazem Krichen estime que les coupures tournantes actuellement mises en œuvre pour économiser près de 250 MW pendant deux heures par jour pourraient entraîner 12,5 millions de dinars de pertes directes si elles se poursuivent durant cinq jours.
Le scénario deviendrait nettement plus préoccupant si la canicule persistait. Des délestages de quatre heures par jour pendant dix jours pourraient porter les pertes directes à plus de 50 millions de dinars, sans tenir compte des conséquences indirectes.
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Un impact bien au-delà de l’énergie non distribuée
L’expert souligne que la consommation actuelle dépasse d’environ 1150 MW les niveaux habituels, conséquence directe du recours massif à la climatisation.
Il estime toutefois que le coût réel des coupures dépasse largement la seule valeur de l’électricité non fournie. Les interruptions de courant perturbent l’activité des entreprises, de l’industrie, du commerce et des services, provoquant des arrêts de production, des retards et des pertes de productivité. Selon lui, les coûts indirects pourraient être trois à quatre fois supérieurs aux pertes directes.
Ces estimations mettent en lumière les défis auxquels fait face le système électrique tunisien durant les épisodes de chaleur extrême, alors que la hausse des températures continue de faire grimper la demande en électricité à des niveaux records.
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