Rationalisation des dépenses, accélération des projets publics et réforme des subventions : la commission des finances et du budget du Conseil national des régions et des districts (CNRD) appelle à concilier maîtrise des équilibres financiers et protection du pouvoir d’achat, alors que se poursuit l’examen du budget de l’État pour 2027.
La préparation du budget 2027 met en évidence un défi central pour les finances publiques tunisiennes : dégager des marges pour l’investissement tout en maîtrisant les dépenses et en préservant les mécanismes de solidarité. Réunie lundi 12 octobre, la commission des finances et du budget du CNRD a examiné l’exécution du budget de l’État au premier semestre 2026 ainsi que les grandes orientations du prochain exercice.
Les membres de la commission ont insisté sur la nécessité de rationaliser les dépenses publiques et d’accélérer la réalisation des projets en cours. Ils ont notamment appelé à surmonter les obstacles administratifs et financiers qui retardent les investissements publics, avec pour objectifs de soutenir l’activité économique, de créer des emplois et d’améliorer les infrastructures et les services dans les régions.
L’investissement confronté aux contraintes budgétaires
Le suivi de l’exécution budgétaire constitue un enjeu majeur de cet examen. La commission s’est penchée sur l’évolution des ressources et des dépenses de l’État, ainsi que sur la contribution de secteurs productifs — agriculture, tourisme, industrie et énergie — à la croissance et au renforcement de la production nationale.
La question de l’investissement se pose dans un contexte de fortes contraintes financières. Les dépenses de compensation, notamment celles consacrées aux carburants, aux produits de base et aux céréales, pèsent sur les ressources disponibles, tandis que le service de la dette réduit les marges de manœuvre budgétaires.
Selon les données d’exécution budgétaire à fin juin 2026, les subventions aux hydrocarbures ont atteint 2,427 milliards de dinars au premier semestre, dépassant les dépenses d’investissement, qui se sont établies à 1,665 milliard. Ces chiffres illustrent la concurrence entre certaines dépenses de soutien et le financement des projets publics.
Réformer les subventions sans fragiliser le pouvoir d’achat
Pour le budget 2027, la commission appelle à une réforme du système de compensation et à un meilleur ciblage des aides, afin que les subventions bénéficient davantage aux personnes qui en ont besoin. Elle souligne toutefois que cette évolution doit préserver le pouvoir d’achat et le rôle social de l’État.
La commission souhaite également que les ressources publiques soient davantage orientées vers les priorités nationales, notamment la santé, les affaires sociales et l’investissement.
À ce stade, les déclarations de la commission relèvent d’orientations et de recommandations formulées dans le cadre de l’examen du budget. Elles ne constituent pas des mesures déjà adoptées ni des engagements chiffrés du projet de loi de finances pour 2027.
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