La Tunisie ambitionne de retrouver une production annuelle de phosphate proche de 10 millions de tonnes, tout en augmentant la part transformée localement en engrais et autres produits industriels. Le ministre Salah Zouari a réaffirmé cette orientation, sans annoncer d’échéance précise, alors que la relance du secteur reste confrontée à un écart important entre les objectifs affichés et les volumes récemment produits.
La relance du phosphate tunisien reste un chantier majeur pour l’industrie nationale. Dans un entretien accordé à la plateforme spécialisée Energy Platform, basée à Washington, Salah Zouari, ministre de l’Équipement et de l’Habitat chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, a présenté les grandes orientations retenues pour le secteur minier.
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L’objectif affiché est de retrouver un rythme de production d’environ 10 millions de tonnes de phosphate par an. Pour y parvenir, le ministre évoque la réhabilitation des installations existantes et l’amélioration de leur rendement. Il n’a toutefois pas précisé de calendrier permettant de mesurer à quelle échéance ce niveau pourrait être atteint.
Un écart important entre l’objectif et la production
L’ambition annoncée doit être mise en perspective avec les résultats récents de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG). La production de l’entreprise a atteint environ 3,9 millions de tonnes en 2025, selon des chiffres présentés à l’Assemblée en avril 2026. Retrouver un volume annuel de 10 millions de tonnes supposerait donc de multiplier la production par plus de deux et demi par rapport à ce niveau.
Le défi ne se limite pas à l’extraction. Les performances du secteur dépendent également de la capacité à remettre à niveau les équipements, à assurer l’acheminement du minerai et à améliorer la continuité de la production. La modernisation des installations figure ainsi parmi les conditions essentielles de la relance.
Miser davantage sur la transformation locale
Le ministre a également insisté sur la valorisation industrielle du phosphate. L’objectif évoqué consiste à transformer entre 60% et 70% des matières extraites en produits à plus forte valeur ajoutée, notamment des engrais.
Cette orientation vise à renforcer le poids des activités de transformation dans la chaîne de valeur du phosphate. Elle suppose toutefois de développer les capacités industrielles nécessaires et de préciser les investissements, les délais et les volumes concernés. L’extrait de l’entretien ne fournit pas de calendrier pour atteindre cette proportion.
L’enjeu est donc double pour la Tunisie : augmenter sensiblement les quantités extraites et tirer davantage de valeur de la ressource grâce à sa transformation sur le territoire national.
Le retour à 10 millions de tonnes par an reste, à ce stade, une ambition annoncée par le ministre plutôt qu’un résultat acquis.
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