La Tunisie veut renforcer la mobilisation de ses ressources en 2027 tout en réduisant progressivement son recours à l’endettement extérieur. Parmi les orientations retenues dans le projet de budget figure une nouvelle approche de la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales, fondée notamment sur l’intelligence artificielle, l’analyse des données et l’interconnexion des bases des administrations concernées.
L’IA pour renforcer le contrôle fiscal
Selon le document du ministère des Finances consacré aux orientations du projet de budget 2027, le gouvernement entend améliorer le rendement du système fiscal en élargissant l’assiette et en favorisant l’intégration du secteur informel.
La lutte contre la fraude et l’évasion fiscales doit également s’appuyer davantage sur les outils numériques. Le recours à l’intelligence artificielle, à l’analyse des données et au croisement des informations disponibles auprès des différentes structures doit permettre de mieux cibler les contrôles et d’améliorer le recouvrement des recettes fiscales, rapporte l’Agence TAP.
Cette évolution s’inscrit dans un chantier plus large de modernisation des administrations fiscale et douanière. Le gouvernement prévoit parallèlement de simplifier les procédures et de développer les services numériques afin de faciliter les relations entre l’administration et les opérateurs économiques.
Moins dépendre de l’endettement extérieur
Derrière cette modernisation du contrôle fiscal, le projet de budget 2027 affiche une orientation plus large : renforcer l’autonomie financière de l’État et privilégier le principe du « compter sur soi ».
L’objectif annoncé est de permettre à l’État de respecter ses engagements et de préserver ses grands équilibres financiers, tout en réduisant progressivement le recours à l’endettement extérieur.
La fiscalité doit ainsi contribuer davantage au financement des dépenses publiques. Les avantages fiscaux seront par ailleurs accordés selon une approche plus sélective, basée sur leur utilité économique, sociale et environnementale. Le gouvernement entend notamment privilégier les activités à forte valeur ajoutée ainsi que celles liées au développement durable et à la transition écologique.
Les phosphates parmi les leviers de recettes
La stratégie ne repose toutefois pas uniquement sur les recettes fiscales. Le gouvernement prévoit également de diversifier les ressources non fiscales de l’État à travers une meilleure valorisation de son patrimoine et l’amélioration de la rentabilité des entreprises publiques.
La relance de la production et des exportations de phosphates figure également parmi les pistes retenues pour accroître les ressources disponibles et améliorer le taux d’autofinancement des dépenses publiques.
Le projet de budget prévoit en parallèle de mobiliser davantage la fiscalité pour encourager l’initiative privée et la création d’entreprises, ainsi que de renforcer le rôle des sociétés communautaires dans le développement local des régions intérieures.
La logique affichée pour 2027 est donc double : mieux collecter les ressources existantes grâce au numérique et au croisement des données, tout en cherchant de nouvelles recettes à travers le patrimoine public, les entreprises publiques et la relance des phosphates.
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