Le projet de budget de l’État pour 2027 dessine déjà une orientation importante : augmenter la part des recettes non fiscales dans les ressources propres de l’État, tout en accélérant la réforme des entreprises publiques et l’exécution des investissements. À dix jours de l’échéance prévue pour la transmission du projet à l’Assemblée des représentants du peuple, le ministère des Finances précise ainsi les grandes lignes du prochain exercice budgétaire.
Un autre levier pour financer l’État
Selon un document du ministère des Finances obtenu par l’agence TAP, le projet de budget 2027 vise notamment à accroître la mobilisation des ressources propres et à renforcer les recettes non fiscales, avec l’objectif explicite d’augmenter leur part dans l’ensemble des ressources propres de l’État.
Cette orientation intervient alors que l’État cherche parallèlement à maîtriser son déficit budgétaire, à poursuivre la digitalisation du système fiscal et financier et à renforcer les mécanismes de contrôle et d’évaluation des performances. Le projet entend donc agir à la fois sur les ressources et sur l’efficacité de leur utilisation.
Le volet consacré aux entreprises et établissements publics est particulièrement révélateur. Le gouvernement prévoit leur valorisation, l’introduction de mécanismes destinés à assurer la continuité de leur activité et le renforcement de leur compétitivité. L’objectif affiché est également de leur permettre de retrouver un rôle économique et social plus important.
Cette orientation rejoint les priorités déjà affichées par le gouvernement autour de la réforme et de la restructuration des entreprises publiques.
Le pari de l’investissement public
Le deuxième axe fort concerne l’exécution des projets. Le gouvernement veut accélérer la réalisation des investissements publics afin d’en améliorer la rentabilité économique et sociale. Dans les régions, cela concerne notamment les zones industrielles, les réseaux d’eau et d’électricité ainsi que les infrastructures et services essentiels.
L’enjeu dépasse donc la seule consommation des crédits budgétaires : l’exécutif entend faire de l’accélération des projets un instrument pour améliorer le climat d’investissement, attirer de nouvelles activités et soutenir le développement régional.
Le budget 2027 doit ainsi constituer la deuxième année de mise en œuvre du plan de développement 2026-2030. Le gouvernement présente cette étape comme un passage du cadrage stratégique à l’accélération de l’exécution et à la concrétisation des réformes.
Une hypothèse extérieure encore favorable
Le scénario retenu repose par ailleurs sur une amélioration de l’environnement international. Le ministère des Finances table sur une croissance mondiale de 3,4% en 2027, contre 3% attendus en 2026, et sur une progression de la croissance dans la zone euro à 1,2%, contre 0,9%. L’inflation mondiale est supposée ralentir à 3,9%, tandis que le prix moyen du Brent serait compris entre 75 et 80 dollars le baril.
Ces hypothèses restent naturellement exposées aux incertitudes géopolitiques et aux fluctuations des marchés de l’énergie, précisément identifiées par le gouvernement comme des risques pour les perspectives économiques.
Le ministère des Finances poursuit désormais la finalisation du projet de loi de finances et du budget 2027. Selon le calendrier annoncé, le texte doit être soumis au Conseil des ministres avant sa transmission à l’ARP au plus tard le 15 octobre 2026.
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