Les besoins de financement du Trésor tunisien atteindront 28,122 milliards de dinars en 2027, selon les chiffres figurant dans le projet de loi de finances (PLF) pour l’année prochaine. Cette enveloppe doit permettre de couvrir un déficit budgétaire de 14,615 milliards de dinars, mais également de rembourser le principal de la dette intérieure et extérieure. Le recours à l’emprunt intérieur devrait constituer la principale source de financement, avec 19,845 milliards de dinars prévus.
Le projet de budget 2027 fixe les recettes de l’État à 54,280 milliards de dinars, contre des dépenses de 68,895 milliards. L’écart entre ces deux montants fait ressortir un déficit budgétaire de 14,615 milliards de dinars.
Près de 20 milliards de dinars d’emprunts intérieurs
Pour couvrir ses besoins de financement, l’État prévoit de mobiliser 19,845 milliards de dinars sur le marché intérieur et 6,877 milliards de dinars sous forme d’emprunts extérieurs. À ces ressources s’ajoutent 1,4 milliard de dinars d’autres ressources de trésorerie.
Au total, les sources de financement atteindront ainsi 28,122 milliards de dinars. Ce montant ne correspond pas uniquement au financement du déficit budgétaire. Il englobe également le remboursement du principal de la dette, qui mobilisera 6,823 milliards de dinars pour la dette intérieure et 6,484 milliards pour la dette extérieure, ainsi que 200 millions de dinars au titre des prêts et avances nets du Trésor.
La distinction est importante : les besoins de financement de l’État dépassent largement le déficit budgétaire, puisqu’ils intègrent aussi les échéances de remboursement du capital emprunté au cours des années précédentes.
Des recettes fiscales de 49,6 milliards de dinars
Du côté des ressources budgétaires, les recettes de l’État sont estimées à 54,280 milliards de dinars. Les recettes fiscales devraient en représenter l’essentiel, avec 49,6 milliards de dinars, contre 4,330 milliards de recettes non fiscales et 350 millions de dinars de dons.
Les dépenses budgétaires sont, quant à elles, fixées à 68,895 milliards de dinars en crédits de paiement. Les crédits d’engagement atteignent 73 milliards de dinars, une distinction qui traduit la différence entre les engagements autorisés et les paiements prévus au cours de l’exercice.
La Banque centrale sollicitée à hauteur de 9,8 milliards
Le projet prévoit également le recours à des facilités de la Banque centrale de Tunisie en faveur du Trésor, dans la limite de 9,8 milliards de dinars. Ce financement serait accordé sans intérêts et remboursable sur quinze ans, avec une période de grâce de trois ans.
Cette disposition constitue un autre élément important du dispositif de financement prévu pour 2027. Elle doit toutefois être distinguée des emprunts intérieurs inscrits dans les ressources de trésorerie.
Par ailleurs, le projet fixe à 9 milliards de dinars le plafond des garanties que l’État pourra accorder pour des emprunts ou des émissions de sukuk islamiques. Le plafond des prêts et avances de trésorerie que le ministre des Finances pourra consentir aux établissements publics est, lui, fixé à 250 millions de dinars.
À travers ces dispositions, le PLF 2027 dessine une équation financière marquée par des besoins de financement élevés, une forte mobilisation attendue du marché intérieur et un recours prévu aux facilités de la Banque centrale.
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