Alors que le projet de loi de finances 2027 mise sur la création de richesses et la relance de l’investissement, des réserves se font entendre à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). Le député Issam Chouchane juge notamment insuffisantes les mesures proposées pour atteindre l’objectif de croissance de 3,1% et n’exclut pas l’éventualité d’une loi de finances complémentaire.
Le projet de loi de finances (PLF) 2027 entend donner une place accrue à la création de richesses, à l’investissement et au développement économique. C’est ce qu’a affirmé mercredi 21 octobre 2026 le président de la Commission des finances et du budget de l’ARP, Maher Ktari, lors d’une réunion consacrée à l’examen des orientations générales du texte, rapporte l’agence TAP.
Selon le député, le projet pour 2027 se distingue de la loi de finances 2026, davantage axée sur la dimension sociale. Il a toutefois relevé certaines dispositions susceptibles, selon lui, de ne pas servir suffisamment la protection de l’industrie tunisienne, appelant à les réviser. Maher Ktari a également insisté sur la nécessité de dynamiser les exportations et l’investissement, afin de renforcer les réserves en devises et de soutenir la relance économique.
Un objectif de croissance de 3,1% en question
De son côté, le député Issam Chouchane a soulevé la difficulté d’examiner le PLF en l’absence d’un document explicatif détaillé. Une telle lacune pourrait, selon lui, donner lieu à des interprétations divergentes des dispositions proposées.
Il a également estimé que les mesures prévues en faveur des start-up et des petites entreprises demeuraient insuffisantes pour atteindre l’objectif de croissance de 3,1% annoncé pour 2027.
Le député n’a pas exclu le recours à une loi de finances complémentaire, une éventualité qui dépendrait notamment de l’évolution des prix du pétrole et des céréales, de l’inflation et du taux de change. Il a également évoqué la nécessité de suivre l’exécution du budget 2026 et de vérifier si les hypothèses retenues pour 2027 restent conformes à l’évolution de la conjoncture économique.
Le budget 2026 et ses hypothèses bientôt examinés
La Commission des finances et du budget doit prochainement auditionner la ministre des Finances. Cette séance portera sur l’état d’avancement de l’exécution du budget de l’État au cours des six premiers mois de 2026, ainsi que sur la pertinence des hypothèses économiques ayant servi à préparer le budget 2027.
Les députés devront notamment examiner les éventuelles répercussions des évolutions internationales sur les équilibres des finances publiques, en particulier les dépenses de subvention et le déficit budgétaire.
À ce stade, une éventuelle loi de finances complémentaire demeure une hypothèse évoquée au Parlement, et non une décision annoncée par le gouvernement.
Lire aussi :