La Bourse de Tunis a de nouveau suspendu ses cotations ce mercredi matin pendant une heure, après une chute brutale du TUNINDEX dès l’ouverture de la séance. Pour la deuxième journée consécutive, le mécanisme automatique de protection du marché a été déclenché face à une forte pression vendeuse.
Selon les informations publiées par le site spécialisé Ilboursa, l’indice phare de la place tunisienne a reculé de 3,16 % dans les premiers échanges mercredi, provoquant l’arrêt temporaire des transactions. Cette situation intervient après une première suspension enregistrée mardi, lorsque le TUNINDEX avait perdu 3,47 % en cours de séance.
Cette succession d’interruptions illustre la nervosité grandissante des investisseurs et un mouvement de ventes important sur le marché actions tunisien.
Le décret n°2026-148 au cœur des inquiétudes
Parmi les facteurs évoqués pour expliquer cette correction figure le décret n°2026-148, publié au Journal officiel le 24 juillet 2026. Ce texte impose aux banques tunisiennes de consacrer chaque année au moins 8 % de leurs bénéfices nets au financement de crédits d’honneur accordés sans intérêts et sans garanties.
Cette nouvelle obligation a modifié les anticipations des investisseurs, particulièrement concernant les valeurs bancaires, qui représentent une part importante de la capitalisation de la Bourse de Tunis.
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Les opérateurs craignent que cette mesure réduise la capacité des banques à distribuer des dividendes à leurs actionnaires, en diminuant une partie des bénéfices susceptibles d’être redistribués. Ils redoutent également une augmentation du risque financier pour les établissements concernés, notamment en cas de difficultés de remboursement des crédits accordés.
Une éventuelle hausse des besoins en provisions pourrait, selon les investisseurs, peser davantage sur la rentabilité future des banques et influencer leur valorisation en Bourse.
La règle des 8 % : un signal réglementaire qui change les perspectives
Le décret des 8 % intervient dans un contexte où le secteur bancaire occupe une place centrale dans la dynamique du marché tunisien. Les valeurs bancaires ayant largement contribué aux performances récentes de la Bourse, toute évolution susceptible d’affecter leurs résultats est immédiatement suivie par les investisseurs.
La réaction du marché traduit ainsi moins une conséquence immédiate de l’application du décret qu’une révision des anticipations concernant les bénéfices futurs des banques et leur capacité à maintenir leurs performances.
Une correction sous surveillance
Après ces deux séances marquées par des suspensions exceptionnelles, les acteurs du marché restent attentifs à l’évolution du TUNINDEX et au comportement des principales valeurs cotées.
La question centrale pour les investisseurs est désormais de déterminer si cette baisse correspond à une correction temporaire après une période de hausse importante ou si elle traduit une inquiétude plus durable liée aux nouvelles contraintes pesant sur certains secteurs, notamment bancaire.