L’encours cumulé des bons du Trésor en Tunisie a atteint 37,512 milliards de dinars à la fin août 2026, selon les derniers indicateurs disponibles. Il affiche une hausse de 7,611 milliards de dinars sur un an, soit une progression de 25,45%, illustrant l’accélération du recours de l’État au financement intérieur. Les Bons du Trésor assimilables (BTA), instruments à moyen et long terme, représentent à eux seuls plus de 95 % de cet encours.
Plus de 37,5 milliards de dinars mobilisés
Au 31 août 2026, l’encours des bons du Trésor s’élevait à 37,512 milliards de dinars. Ce montant se répartit entre : 35,803 milliards de dinars de Bons du Trésor assimilables (BTA) ; 1,709 milliard de dinars de Bons du Trésor à court terme (BTCT).
Sur un an, l’encours global a ainsi progressé de 7,611 milliards de dinars, soit une hausse de 25,45%.
Cette évolution traduit une progression particulièrement rapide du financement intérieur de l’État par le recours aux instruments du marché des titres publics.
Les titres à long terme dominent largement
La structure de l’encours montre surtout la prédominance écrasante des BTA. Avec 35,803 milliards de dinars, les titres assimilables représentent environ 95,4 % de l’encours total, contre seulement 4,6 % pour les BTCT.
Cette répartition confirme que le financement par les titres publics repose principalement sur des instruments à moyen et long terme, plutôt que sur les seules échéances de court terme.
Les données disponibles sur les indicateurs de marché confirment d’ailleurs un encours des BTA dépassant 35,8 milliards de dinars à la fin août.
Un financement intérieur qui accélère
La progression de plus de 7,6 milliards de dinars en un an constitue l’élément central de cette évolution.
Elle intervient dans un contexte où l’État continue de mobiliser le marché intérieur pour couvrir ses besoins de financement. L’encours total des bons du Trésor donne ainsi une indication sur l’importance croissante des titres publics dans le financement de l’État.
Il convient toutefois de ne pas confondre cet encours global avec les seuls titres détenus par les banques tunisiennes.
Dans son rapport consacré à l’exercice 2025, la Banque centrale avait indiqué que les bons du Trésor détenus par les banques atteignaient 25,7 milliards de dinars à la fin de l’année, en hausse de 39,4% sur un an. Ce chiffre concernait spécifiquement les placements du secteur bancaire et ne peut donc pas être directement assimilé à l’encours total des titres publics.
Pendant ce temps, le crédit à l’économie reprend
Cette accélération du financement de l’État intervient alors que le crédit bancaire à l’économie a également montré des signes de reprise au premier semestre 2026.
Les crédits à l’économie ont progressé de 2,4%, soit environ 2,8 milliards de dinars, contre seulement 0,9 % durant la même période de 2025.
Les deux évolutions ne permettent toutefois pas, à elles seules, de conclure que la progression des titres publics se fait directement au détriment du financement de l’économie.
D’une part, l’encours de 37,512 milliards de dinars correspond à l’ensemble des bons du Trésor en circulation. D’autre part, les crédits à l’économie et les placements en titres publics ne recouvrent pas exactement les mêmes acteurs ni les mêmes mécanismes de financement.
La progression rapide de l’encours des bons du Trésor confirme ainsi le poids grandissant du financement intérieur dans les ressources mobilisées par l’État, avec une nette domination des titres à moyen et long terme. La reprise parallèle du crédit à l’économie invite néanmoins à éviter une lecture trop simpliste opposant automatiquement financement public et financement du secteur productif.
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