L’encours des Bons du Trésor s’établissait à 37,23 milliards de dinars au 1er octobre 2026, selon les dernières données quotidiennes de la Banque centrale de Tunisie. Il progresse de 5,69 milliards de dinars sur un an, soit 18,1 %.
Derrière ce montant se pose une question concrète : lorsque l’État mobilise davantage de ressources sur le marché intérieur, quelles peuvent être les conséquences sur le financement des entreprises, le crédit aux ménages et les finances publiques ?
Plus de 35 milliards de dinars en BTA
Au 1er octobre, l’encours des Bons du Trésor assimilables (BTA), titres de moyen et long terme émis par l’État, atteignait 35,539 milliards de dinars, contre 28,510 milliards un an auparavant.
Il a ainsi augmenté de 7,029 milliards de dinars en douze mois, soit 24,7 %.
Le mouvement est inverse pour les Bons du Trésor à court terme. Leur encours est revenu de 3,026 milliards de dinars à 1,691 milliard, soit une baisse de 44,1 %.
Les BTA représentent désormais environ 95,5 % de l’ensemble des Bons du Trésor en circulation.
Un impact indirect via le crédit bancaire
Les Bons du Trésor permettent à l’État d’emprunter des dinars sur le marché intérieur pour couvrir ses besoins de financement et refinancer une partie de sa dette arrivant à échéance.
Pour un particulier, leur augmentation ne provoque donc pas directement une hausse des prix ou une modification de son compte bancaire. L’effet peut en revanche passer par le système financier.
Les banques peuvent souscrire et détenir des Bons du Trésor dans leurs portefeuilles. Lorsque davantage de ressources financières sont orientées vers le financement de l’État, elles peuvent entrer en concurrence avec celles destinées aux entreprises et aux particuliers. Ce mécanisme est généralement désigné comme un risque d’« effet d’éviction ».
Pour une PME qui souhaite acheter une machine, un commerçant qui veut développer son activité ou un ménage qui sollicite un crédit immobilier, l’enjeu porte sur la quantité de financement disponible et son coût.
Cela ne signifie pas qu’une hausse des Bons du Trésor entraîne automatiquement une baisse des crédits. L’enjeu est plutôt de savoir quelle part des ressources disponibles finance l’État et quelle part est dirigée vers l’investissement des entreprises et les besoins des ménages.
19 milliards de dinars d’emprunts intérieurs prévus en 2026
La loi de finances 2026 prévoit 19,056 milliards de dinars d’emprunts intérieurs.
Selon le ministère des Finances, ces ressources sont ventilées entre 4,84 milliards de dinars de BTA, 2,5 milliards de Bons du Trésor à court terme et 11,716 milliards d’autres emprunts intérieurs.
Les Bons du Trésor constituent donc une composante du financement intérieur de l’État, et non sa totalité.
Ces montants correspondent aux ressources d’emprunt prévues pour l’exercice 2026. Ils ne sont pas directement comparables à la hausse de 7,029 milliards de dinars de l’encours des BTA sur douze mois, qui mesure la différence entre deux stocks à deux dates distinctes.
Les Bons du Trésor doivent également être remboursés à leur échéance et donnent lieu au paiement d’intérêts. L’évolution de leur encours intervient ainsi dans les besoins futurs de refinancement du Trésor et dans la charge de la dette publique.
Lorsque cette charge augmente, elle peut réduire la marge budgétaire disponible pour d’autres dépenses ou investissements publics, selon l’évolution des recettes de l’État, des taux d’intérêt et des besoins de refinancement.
Pas d’effet mécanique sur les prix
Une progression de l’encours des Bons du Trésor ne signifie pas que les prix ou les taux des crédits augmenteront dans les mêmes proportions.
Souscrite par des investisseurs, l’émission d’un Bon du Trésor constitue un emprunt de l’État et non, en elle-même, une création de monnaie.
Pour les Tunisiens, les effets potentiels sont donc surtout indirects : conditions d’accès au crédit, coût du financement, capacité des entreprises à investir et marge de manœuvre du budget de l’État.
Avec 37,23 milliards de dinars de Bons du Trésor en circulation au 1er octobre, contre 31,54 milliards un an auparavant, leur évolution constitue ainsi un indicateur à suivre pour mesurer le poids du financement de l’État sur le marché intérieur.
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