Six personnes, dont des cadres administratifs et des agriculteurs, ont été placées en garde à vue à Siliana dans une affaire de corruption financière liée à des projets agricoles. L’enquête, déclenchée sur ordre du parquet, met en cause des détournements de fonds destinés au développement rural. Les investigations révèlent des irrégularités lourdes touchant des programmes financés à l’international.
Six suspects, dont des cadres publics et un banquier
Selon le porte-parole du tribunal de première instance de Siliana, le juge Aïssa Guesmi, les personnes impliquées sont six au total : trois cadres du ministère de l’Agriculture, un cadre d’une banque publique, deux agriculteurs, frères.
Le ministère public a ordonné leur mise en garde à vue dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons de corruption financière et administrative au sein du commissariat régional à l’agriculture.
Un projet ciblant 35 délégations entaché d’irrégularités
Les investigations, menées par la brigade des recherches économiques et financières d’El Gorjani, ont mis au jour des anomalies dans un projet financé par le Fonds international de développement agricole.
Ce programme, destiné à soutenir 35 délégations du gouvernorat de Siliana, aurait été détourné à travers de fausses opérations d’approvisionnement et des déclarations mensongères concernant la distribution de têtes d’ovins à de petits agriculteurs.
Les enquêteurs évoquent ainsi une manipulation du système de développement agricole dans la région.
Plusieurs milliards détournés
Un second volet de l’affaire concerne un marché lié à l’alimentation animale, attribué aux deux frères impliqués. Là encore, des irrégularités ont été relevées.
Les montants détournés sont estimés à plusieurs millions de dinars, des fonds initialement destinés à soutenir les catégories vulnérables et à renforcer le secteur agricole local depuis 2021.
Blanchiment et corruption
Les six suspects font face à une série d’accusations graves, notamment le blanchiment d’argent en bande organisée, la fraude fiscale, le détournement de fonds publics, l’atteinte à l’administration, et la complicité.
Ces poursuites s’inscrivent dans le cadre de la loi antiterroriste et de lutte contre le blanchiment d’argent, ainsi que du code pénal et des procédures fiscales.