L’Observatoire National de l’Agriculture (ONAGRI) annonce une amélioration notable de la balance commerciale alimentaire tunisienne, qui affiche un excédent de 798,3 millions de dinars à fin mars 2026.
Ce niveau dépasse celui enregistré un an plus tôt (615,7 MD), dans un contexte marqué par une progression des exportations et une hausse plus modérée des importations. Le taux de couverture s’est ainsi renforcé pour atteindre 139,6%, traduisant une dynamique favorable du commerce extérieur agricole.
L’huile d’olive, locomotive des exportations
La performance du secteur repose essentiellement sur la forte progression des exportations alimentaires, en hausse de 17,9% en valeur. En tête, l’huile d’olive enregistre un bond remarquable de 38,1%, confirmant son rôle stratégique dans l’équilibre des échanges agricoles.
En parallèle, les importations alimentaires ont augmenté de 13,9%, tirées notamment par les achats de céréales (+7,7%). Malgré cette pression, l’excédent a pu se consolider grâce à la vigueur des ventes à l’étranger.
Des prix contrastés à l’export comme à l’import
Sur le front des prix à l’exportation, la tendance est globalement orientée à la baisse pour plusieurs produits agricoles : huile d’olive (-3,6%), tomates (-18,3%), agrumes (-6,7%). À l’inverse, les produits de la pêche (+6,6%) et les dattes (+3,2%) affichent une hausse.
Côté importations, les prix des céréales poursuivent leur repli : blé dur (-15,6%), blé tendre (-9,9%), maïs (-7,8%).
Seule exception notable, l’orge enregistre une hausse de 3,4%. Par ailleurs, le sucre voit son prix grimper fortement (+30,4%), tandis que les huiles végétales (-1%) et les produits laitiers (-7,8%) reculent.
Un excédent sectoriel qui contraste avec le déficit global
Cette embellie du secteur agroalimentaire ne suffit toutefois pas à inverser la tendance globale. La balance commerciale totale de la Tunisie reste déficitaire, avec un creusement de 3,6% au premier trimestre 2026, atteignant -5232,7 MD contre -5049,5 MD un an auparavant.
Ce contraste souligne le rôle clé de l’agriculture comme amortisseur du déficit commercial, dans un environnement économique encore sous tension.