L’absentéisme au travail prend une ampleur préoccupante en Tunisie, impactant directement la productivité des entreprises. Selon des données récentes présentées par des spécialistes du secteur, près de 60% des absences sont liées à des raisons de santé. Un phénomène qui révèle des fragilités structurelles du monde du travail.
Un coût économique et social élevé
D’après les chiffres avancés aujourd’hui par le président de l’association tunisienne des inspecteurs de travail, Hatem Hilal, sur les ondes de la radio nationale, le taux d’absentéisme dans la fonction publique oscille entre 10% et 15%, soit près de deux millions de journées de travail perdues chaque année. Dans le secteur privé, les pertes sont estimées à environ 2,1% du chiffre d’affaires des entreprises.
Certains secteurs, notamment le textile et les industries manufacturières, figurent parmi les plus touchés, en raison de leur forte dépendance à la présence effective de la main-d’œuvre.
La santé, principale cause des absences
Les données indiquent que près de 60% des cas d’absentéisme sont directement liés à des problèmes de santé. Les autres facteurs incluent des conditions de travail difficiles, un manque de motivation, des tensions professionnelles ou encore des pressions psychologiques et sociales.
Des pratiques marginales, comme les certificats médicaux de complaisance, existent également, bien qu’elles restent limitées.
Un cadre juridique encore flou
Sur le plan légal, le droit au congé maladie est garanti, mais certaines zones d’ombre persistent, notamment concernant les limites des absences ou la définition des maladies graves. Cette situation complique la gestion des absences pour les entreprises, entre respect des droits des salariés et impératifs de productivité.
Face à cette problématique, les experts plaident pour une stratégie globale. Celle-ci doit combiner amélioration des conditions de travail, prévention en matière de santé, renforcement du dialogue interne et mise en place de mécanismes incitatifs pour encourager la présence.
Ils insistent également sur le rôle clé de la médecine du travail et sur la nécessité de mieux encadrer le phénomène à travers des outils de suivi et une éventuelle base de données nationale dédiée.