Le président américain Donald Trump a déclaré samedi qu’un mémorandum d’entente avec l’Iran sur la fin de la guerre était « en grande partie négocié », évoquant une possible réouverture du détroit d’Ormuz. Mais le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a aussitôt tempéré : plusieurs questions importantes « doivent encore être discutées par les médiateurs ». L’accord reste non signé, et les prochains jours — avant la fin de l’Aïd vendredi — pourraient être décisifs.
Que prévoit concrètement ce mémorandum ?
Selon des sources pakistanaises et américaines citées par Reuters et Axios, le texte actuellement négocié s’articulerait en plusieurs étapes : déclaration officielle de fin de guerre, résolution de la crise du détroit d’Ormuz, puis ouverture d’une fenêtre de négociations de 30 à 60 jours sur des dossiers plus larges.
Plusieurs médias américains évoquent également des discussions autour d’un allègement partiel des sanctions pétrolières iraniennes et du déblocage d’avoirs gelés, sans confirmation officielle à ce stade.
Trump a précisé avoir échangé avec les dirigeants du Qatar, d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de Turquie, d’Égypte, de Jordanie, de Bahreïn et du Pakistan, ainsi qu’avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Le détroit d’Ormuz : ce que Trump dit, ce que Téhéran entend
C’est le principal point de friction. Trump affirme que l’accord permettrait la réouverture du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial du pétrole. Mais l’agence iranienne Fars conteste cette lecture, affirmant que l’Iran conserverait un rôle de supervision sur le passage maritime.
Des responsables iraniens cités par le New York Times évoquent un compromis autour d’une reprise de la navigation commerciale sans péage, mais Téhéran reste prudent sur les détails politiques et sécuritaires du texte.
Le porte-parole iranien Esmail Baghaei a indiqué que la priorité actuelle de Téhéran restait « la fin de la guerre sur tous les fronts », y compris au Liban, tout en reconnaissant que plusieurs sujets restaient en discussion.
La médiation pakistanaise prend de l’ampleur
La médiation pakistanaise a joué un rôle central cette semaine. Le chef de l’armée pakistanaise, le général Asim Munir, a conclu samedi une visite à Téhéran qualifiée de « très productive », au cours de laquelle il a rencontré le président du Parlement iranien Mohammad Baqer Qalibaf ainsi que le ministre des Affaires étrangères Abbas Araqchi.
Selon des sources proches des discussions, Islamabad pourrait accueillir une nouvelle phase de négociations après l’Aïd si le mémorandum est validé par les deux parties.
Pour la Tunisie, chaque dollar de Brent compte
Pour la Tunisie, l’enjeu n’est pas une dépendance directe au détroit d’Ormuz, mais l’effet possible d’une crise prolongée sur les prix internationaux de l’énergie. Le pays reste fortement dépendant des importations énergétiques : le taux de dépendance énergétique a atteint près de 66 % à fin mars 2026, contre environ 61 % un an plus tôt.
Dans ce contexte, toute hausse durable du prix du baril alourdit la pression sur la balance énergétique, les finances publiques et les mécanismes de compensation des carburants.
Et maintenant ?
Des sources pakistanaises impliquées dans les discussions estiment que le texte est « assez complet pour mettre fin à la guerre », tout en reconnaissant que plusieurs formulations restent à finaliser.
À ce stade, aucun accord définitif n’a encore été signé. Les prochains jours diront si cette séquence diplomatique débouche sur un compromis durable ou sur une nouvelle phase d’incertitude régionale.
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