Une relance des discussions entre l’Iran et les États-Unis se précise. Les deux pays ont annoncé l’envoi de délégations à Islamabad, dans un contexte de guerre ouverte au Moyen-Orient et de fragilisation du cessez-le-feu au Liban. Cette reprise intervient après un premier cycle de pourparlers avorté, interrompu au bout de quelques heures seulement.
Washington et Téhéran reprennent langue
La Maison-Blanche a confirmé le départ imminent d’émissaires du président Donald Trump, à savoir Steve Witkoff et Jared Kushner, chargés de rencontrer des représentants iraniens. La porte-parole Karoline Leavitt évoque l’espoir d’un échange « fructueux », malgré la persistance de profondes divergences.
Côté iranien, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi est attendu à Islamabad, dans le cadre d’une tournée diplomatique qui doit se poursuivre à Mascate puis à Moscou, signe d’une intense activité régionale autour du dossier.
Une guerre aux répercussions mondiales
Le conflit, déclenché le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine contre l’Iran, a déjà causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Il a également provoqué un choc économique mondial.
Point névralgique : le détroit d’Ormuz, où le trafic reste paralysé sous l’effet d’un double blocus iranien et américain. Avant la guerre, près de 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial y transitaient. Sa réouverture est jugée « vitale » par le président du Conseil européen Antonio Costa.
Malgré une légère détente des cours du pétrole après l’annonce des discussions, la pression militaire demeure, avec notamment le déploiement d’un troisième porte-avions américain dans la région.
Le Liban, front instable malgré la trêve
Sur le terrain libanais, la situation reste explosive. La prolongation du cessez-le-feu annoncée par Washington est déjà fragilisée par de nouveaux affrontements.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu accuse le Hezbollah de chercher à torpiller un processus de paix qualifié d’« historique ». Le mouvement pro-iranien rejette de son côté toute prolongation de la trêve, dénonçant la poursuite des frappes israéliennes.
Des violences ont encore été signalées dans le sud du Liban, avec des morts des deux côtés et des appels à évacuation de villages, signe d’une désescalade loin d’être acquise.
Pressions diplomatiques et pari européen
Dans ce contexte, les initiatives diplomatiques se multiplient. Emmanuel Macron a plaidé pour un retour rapide à la stabilité, tandis que les Européens affichent leur volonté de s’impliquer davantage.
Une éventuelle rencontre entre Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun est évoquée par Washington — une perspective inédite entre deux pays officiellement en guerre depuis 1948.