Le démocrate Abdul El-Sayed a remporté, selon une projection de Decision Desk HQ, l’élection sénatoriale du Michigan face au républicain Mike Rogers. Une victoire historique qui ferait de ce médecin de 42 ans le premier musulman à siéger au Sénat américain. Son succès intervient après une campagne marquée par de profondes divisions au sein du Parti démocrate, notamment sur la guerre à Gaza et les relations avec Israël.
Le Michigan vient de vivre un scrutin historique. Abdul El-Sayed, candidat démocrate au Sénat américain, a été donné vainqueur face au républicain Mike Rogers à l’issue des élections de mi-mandat du mardi 3 novembre 2026.
La victoire a été annoncée par l’institut électoral américain Decision Desk HQ dans la nuit de mardi à mercredi, avant la certification officielle des résultats.
Selon les résultats provisoires disponibles, Abdul El-Sayed recueillait 51,7% des voix, contre 46,3% pour Mike Rogers, soit une avance de près de 216.000 voix.
Cette élection marque une première dans l’histoire politique des États-Unis : Jamais un musulman n’avait été élu au Sénat, l’une des deux chambres du Congrès américain.
De la médecine à la politique
Né à Detroit en 1984, Abdul El-Sayed est médecin et spécialiste de santé publique. Il a notamment dirigé le département de la santé de Detroit avant de s’engager dans la vie politique.
En 2018, il avait tenté de décrocher l’investiture démocrate pour le poste de gouverneur du Michigan, sans succès. Huit ans plus tard, il accède à une fonction fédérale majeure.
Son programme défend notamment une couverture maladie universelle, une réduction des inégalités économiques et une limitation de l’influence de l’argent dans la politique américaine.
En août dernier, il avait remporté de justesse la primaire démocrate face à Haley Stevens, avant d’affronter Mike Rogers, ancien représentant républicain au Congrès, pour succéder au sénateur démocrate Gary Peters.
Gaza au cœur des divisions démocrates
La campagne a été particulièrement tendue dans cet État du Midwest, qui abrite l’une des plus importantes communautés arabo-américaines du pays, notamment à Dearborn, dans l’agglomération de Detroit.
La guerre à Gaza et le soutien américain à Israël ont profondément divisé les démocrates locaux.
El-Sayed, qui a critiqué la politique américaine au Moyen-Orient et défendu la cause palestinienne, s’est retrouvé au centre de ces tensions.
À deux jours du scrutin, Haley Stevens, pourtant démocrate et ancienne adversaire d’El-Sayed lors des primaires, avait créé la surprise en apportant son soutien au républicain Mike Rogers.
Ce ralliement avait provoqué une vive réaction au sein de son propre parti, illustrant les fractures persistantes autour de la question israélo-palestinienne.
Une percée historique pour les musulmans américains
L’élection d’Abdul El-Sayed constitue une avancée majeure pour la représentation politique des musulmans aux États-Unis.
En 2006, Keith Ellison avait ouvert la voie en devenant le premier musulman élu à la Chambre des représentants, où il avait pris ses fonctions en janvier 2007. D’autres élus musulmans ont depuis rejoint cette institution, notamment Ilhan Omar et Rashida Tlaib.
Avec Abdul El-Sayed, cette représentation franchit désormais les portes du Sénat.
Au-delà de sa portée symbolique, cette victoire illustre la progression politique d’une communauté dont le poids électoral s’est particulièrement manifesté ces dernières années dans plusieurs États décisifs.
Elle témoigne également de la capacité d’une nouvelle génération de responsables américains issus de l’immigration à s’imposer sur la scène politique nationale.
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