La crise énergétique en Libye continue de s’aggraver. La Compagnie générale d’électricité (GECOL) a lancé, ce mardi, une alerte exceptionnelle avertissant qu’une interruption de l’approvisionnement en gaz naturel vers plusieurs centrales électriques pourrait provoquer un effondrement complet du réseau national et plonger le pays dans un « black-out » total.
Selon le communiqué de l’entreprise publique, des groupes ont pénétré dans le complexe gazier de Mellitah et procédé à la fermeture des conduites alimentant les centrales de production d’électricité. Cette interruption compromet directement le fonctionnement de plusieurs unités de production, déjà fragilisées par une demande record en pleine vague de chaleur.
La compagnie affirme que la baisse de pression du gaz pourrait entraîner l’arrêt progressif des centrales, provoquant un effet domino jusqu’à l’effondrement complet du réseau électrique si l’alimentation n’est pas rétablie rapidement. Elle indique également dégager sa responsabilité quant aux conséquences qui pourraient découler de cette situation, appelant les autorités compétentes à intervenir en urgence.
Une crise qui s’aggrave depuis plusieurs semaines
Cette nouvelle alerte intervient dans un contexte particulièrement tendu. Depuis la mi-juillet, la Libye connaît des coupures d’électricité quotidiennes pouvant atteindre entre six et dix heures dans certaines régions, en raison d’un déséquilibre croissant entre la production et la consommation d’électricité.
Le 18 juillet, le pays avait déjà subi un black-out de grande ampleur ayant affecté la majorité des villes libyennes. Les autorités avaient dû solliciter le soutien de l’Égypte pour accélérer le rétablissement progressif du réseau électrique grâce aux interconnexions entre les deux pays.
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Quelques jours plus tard, la Compagnie générale d’électricité avait attribué cet incident à une défaillance sur deux lignes de transport à très haute tension (400 kV), provoquant un déséquilibre majeur du réseau national.
La colère gagne les rues
Les délestages prolongés, aggravés par les températures élevées, ont alimenté un important mouvement de contestation à Tripoli et dans plusieurs autres villes. Depuis plusieurs jours, des manifestants bloquent des routes et des bâtiments publics pour dénoncer les longues coupures d’électricité, mais aussi la dégradation des services publics et la hausse du coût de la vie.
Les protestataires réclament des solutions durables face à une crise énergétique qui affecte également l’approvisionnement en eau, les télécommunications, les hôpitaux et l’activité économique.
Le gaz, maillon essentiel du système électrique libyen
La majorité des centrales électriques libyennes fonctionnent au gaz naturel. Le complexe de Mellitah, situé sur la côte ouest, constitue l’un des principaux centres de traitement et de distribution du gaz destiné à la production électrique.
Fin juin, les autorités pétrolières avaient pourtant annoncé la mise en service de nouveaux compresseurs sur la plateforme offshore de Sabratha afin de sécuriser les approvisionnements en gaz vers les centrales électriques.
La fermeture des conduites annoncée mardi remet toutefois en cause ces efforts et fait craindre une nouvelle crise majeure, alors que la consommation d’électricité atteint des niveaux records sous l’effet de la canicule.
Face à cette situation, la Compagnie générale d’électricité estime que seule une reprise immédiate de l’alimentation en gaz permettra d’éviter un effondrement généralisé du réseau national et un nouveau black-out à l’échelle du pays.