Aurelius de Carthage est né autour de 350 et sera évêque de Carthage de 391 à sa mort en 430. Tout au long de son épiscopat, il n’aura de cesse de réduire les failles qui traversaient l’époque marquée par les conflits entre catholiques et donatistes.
Au temps des conciles de Carthage
Aurelius convoqua une trentaine de conciles durant lesquels Augustin, alors évêque d’Hippone, plaidait pour l’unité de l’Église. Selon certaines sources, c’est Aurelius qui aurait apporté un soutien décisif à Augustin pour son élection à l’évêché d’Hippone. Ce qui souligne la proximité entre les deux hommes et aussi leur complémentarité.
L’histoire a retenu le concile de 411 en particulier. Cette conférence rassembla plus de cinq cents évêques rangés en deux camps opposés. Les débats se poursuivirent du 1er au 8 juin et malgré des querelles houleuses, les arbitrages furent favorables aux catholiques. Les remous allaient ensuite se poursuivre, parfois ponctués de violences jusqu’à 418, lorsqu’un nouveau concile apportera la normalisation tant attendue.
Le recul des hérésies
La disparition progressive du donatisme était actée. Entre temps, Aurelius avait aussi obtenu la condamnation de Pélage et son disciple Celestius, défenseurs de la doctrine du pélagianisme, une autre hérésie combattue par Aurelius et Augustin, le chef de l’Église de Carthage et le doctrinaire de la Cité de Dieu et de la Trinité.
Si l’histoire a retenu le nom et le rayonnement universel de Saint-Augustin, elle retiendra également la patience et la diplomatie de Saint-Auréle. Les deux compagnons de route disparaîtront à quelques mois d’intervalle en 430 à la veille de la déferlante vandale.
L’évêque et le doctrinaire
Il nous reste aujourd’hui leur héritage nourri de combats contre les dérives doctrinales et les hérésies ainsi que l’unité de la foi qui a consolidé le christianisme de cette époque de schismes et de retrouvailles.
Toutes ces grandes figures du christianisme antique font partie de notre histoire et d’une période qui personnellement me passionne. Au temps des conciles de Carthage, à la charnière entre les Vandales et les Byzantins, avant l’arrivée des Arabes, que de pages d’une histoire qui mériterait d’être mieux connue.