Aujourd’hui, j’ai fait le choix d’une déambulation dans la médina de Tunis dont je n’ai quitté les murs virtuels qu’en début de soirée, après la prière du Maghreb.
J’ai souvent esquissé certains personnages de la médina. Mes carnets numériques comptent près de cinq cents portraits impromptus que je capture au jour le jour, à travers le fil de mes médinations ici et ailleurs dans les villes.
Aujourd’hui, je retrouve le sourire de Jalel Benna dont la parfumerie à l’ancienne se trouve rue des Tamis. Comme à chaque fois que je lui rends visite, il me raconte comment Tahar Haddad et son grand-père se retrouvaient ici même, dans cette échoppe vieillotte sur laquelle veille un portrait de l’aieul.
Plus tard dans la journée, j’ai croisé quelques amis confiseurs de rues qui à l’image de Chokri au seuil de Sidi Mahrez et Chedly près de Sidi Brahim, offrent du nougat, de l’harissa d’amandes et d’autres friandises et rahat loukoums.
Installé à la confluence des rues Achour, Kahia et Monastiri, Chedly propose aujourd’hui de la takoua de sésame qui enchante mes amis. Cette douceur devenue rare de nos jours, est un délice qui heureusement a survécu, surtout à Bab Souika car l’autre faubourg de Tunis a presque perdu tous ses confiseurs.
Cette journée de la lenteur pédestre s’est écoulée au rythme intime de la médina, au hasard des rencontres, au fil des rues et des mosquées, des moments de candeur aussi comme devant ces trois enfants qui jouent au toboggan ou avec cette dame d’un certain âge qui, dans un français impeccable, se lance dans un éloge de la Tunisie.
Ces journées m’apportent de la sérénité et ravivent toujours ma curiosité. Le plus surprenant est ailleurs : à chaque fois, je découvre des nouveautés et noue de nouveaux contacts. Comme si la médina me chuchotait qu’elle était infinie et que nul ne saurait se saisir de cette complexité.
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