Les échanges commerciaux entre la Tunisie et l’Égypte ont atteint près de 490 millions de dollars en 2025, en hausse de 12,8% par rapport à l’année précédente. Mais derrière cette progression globale se cache un déséquilibre marqué : la balance commerciale reste largement déficitaire pour la Tunisie, à hauteur d’environ 337 millions de dollars.
Ces chiffres ont été présentés par le président-directeur général du Centre de promotion des exportations (CEPEX), Mourad Ben Hassine, lors d’une rencontre consacrée au rôle du secteur privé dans le développement des marchés en Afrique.
Entre 2024 et 2025, le volume des échanges est passé de 434,5 millions de dollars à près de 490 millions de dollars, confirmant une dynamique haussière des flux commerciaux entre les deux pays.
Une hausse des exportations tunisiennes, mais un poids encore limité
Les exportations tunisiennes vers l’Égypte ont enregistré une progression notable de 53,1%, pour atteindre 76,5 millions de dollars.
Une performance significative, mais qui reste marginale face au volume global des échanges et aux importations tunisiennes en provenance du marché égyptien.
Selon le CEPEX, ces exportations restent fortement concentrées : les composants et équipements électriques, notamment les fils et câbles, ainsi que les produits chimiques représentent près de 70% des ventes tunisiennes vers l’Égypte.
Un déséquilibre structurel toujours massif
Malgré la progression des exportations, la relation commerciale reste déséquilibrée.
Le déficit commercial est estimé à environ 337 millions de dollars en défaveur de la Tunisie, confirmant la forte dépendance du commerce bilatéral aux importations égyptiennes.
Cette situation illustre une structure d’échanges encore peu équilibrée, où la croissance globale ne se traduit pas par une réduction du déséquilibre.
Un potentiel encore loin d’être exploité
Le CEPEX estime que le potentiel d’exportation tunisien non exploité vers l’Égypte s’élève à environ 63,5 millions de dollars.
À terme, les exportations tunisiennes pourraient atteindre près de 140 millions de dollars, contre 76,5 millions actuellement réalisés.
Les opportunités concernent principalement les composants mécaniques et électriques, les industries chimiques et pharmaceutiques, ainsi que certains produits agroalimentaires à forte valeur ajoutée comme l’huile d’olive conditionnée et les dattes transformées.
Des obstacles qui freinent la montée en puissance
Plusieurs contraintes continuent de limiter la progression des exportations tunisiennes vers le marché égyptien.
Parmi elles figurent les barrières non tarifaires, les procédures administratives d’enregistrement des produits, l’absence de liaison maritime directe entraînant des coûts logistiques élevés, ainsi que les difficultés liées aux transferts financiers et à la reconnaissance des certifications techniques.
Dans ce contexte, la hausse des échanges bilatéraux ne suffit pas à corriger un déséquilibre structurel profondément ancré.
Rappelons que le Premier ministre égyptien, Mostafa Madbouly, et la cheffe du gouvernement tunisien, Sara Zaâfrani Zenzri, avaient annoncé, le 11 septembre 2025 en marge de la 18ᵉ session de la commission mixte tuniso-égyptienne, leur volonté de doubler le volume des échanges commerciaux à un milliard de dollars d’ici deux ans. Mais dans quel sens ?!
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