Une avocate a été arrêtée dans la nuit de samedi à dimanche à Hammamet alors qu’elle s’apprêtait à entrer dans un établissement de nuit en possession de comprimés psychotropes classés au tableau « B », selon une source citée par Mosaïque FM. Le parquet près le tribunal de première instance de Grombalia a ordonné sa mise en garde à vue avant l’ouverture, ce lundi, d’une information judiciaire pour des infractions liées aux stupéfiants. L’enquête a été confiée à un juge d’instruction du tribunal de première instance de Grombalia.
L’affaire intervient dans un contexte où les autorités tunisiennes multiplient les opérations contre les réseaux de trafic et de consommation de drogues, notamment dans les zones touristiques et les établissements nocturnes.
Des précédents impliquant des professionnels du droit
Ce dossier n’est pas le premier du genre en Tunisie. Plusieurs affaires impliquant des avocats ont déjà été enregistrées ces dernières années dans des dossiers liés aux stupéfiants.
En janvier 2024, la brigade centrale de lutte contre la drogue à Laouina avait arrêté une avocate soupçonnée d’implication dans un réseau de trafic de cannabis après la saisie de plusieurs plaques de résine de cannabis dans un appartement à Tunis.
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En février 2025, une autre affaire avait abouti à un non-lieu en faveur d’une avocate poursuivie dans une enquête pour trafic de drogue après la découverte de cannabis dans un taxi dans lequel elle se trouvait.
Ces affaires restent toutefois marginales au regard du nombre global de dossiers traités chaque année par la justice tunisienne en matière de stupéfiants.
Les boîtes de nuit et zones touristiques sous surveillance
Les services sécuritaires tunisiens ont déjà annoncé à plusieurs reprises le démantèlement de réseaux actifs dans les bars, discothèques et espaces festifs, notamment à Hammamet, destination touristique particulièrement fréquentée durant la saison estivale.
En octobre 2022, la police avait arrêté à Hammamet quatre personnes soupçonnées d’alimenter des établissements nocturnes en drogues et comprimés psychotropes. Les autorités avaient alors saisi plusieurs types de stupéfiants ainsi que de l’argent liquide.
Les forces de sécurité intensifient généralement les contrôles dans ces zones à l’approche de l’été, période marquée par une hausse de l’activité touristique et nocturne.
La loi 52 toujours au cœur des débats
Cette nouvelle affaire remet également en lumière le débat récurrent autour de la loi 52 relative aux stupéfiants. Depuis plusieurs années, des avocats, militants et organisations de défense des droits humains réclament une réforme du cadre pénal tunisien concernant la consommation de drogues, estimant que les peines prévues restent particulièrement sévères, notamment pour les jeunes consommateurs.
La distinction entre trafic, détention et simple consommation demeure au centre des discussions, alors que les autorités tunisiennes maintiennent une ligne sécuritaire ferme face à la progression du trafic de stupéfiants.