Le ministère de l’Intérieur a annoncé avoir mis en place, depuis quatre mois, un nouveau mécanisme de regroupement des migrants irréguliers originaires d’Afrique subsaharienne souhaitant retourner volontairement dans leurs pays d’origine, rapporte Mosaïque FM.
Cette mesure vise principalement les migrants présents dans le Grand Tunis, à Nabeul et dans d’autres régions du pays, qui rencontrent des difficultés pour rejoindre la région de Sfax, où se trouve le principal centre d’accueil dédié au programme de retour volontaire.
Cette annonce a été faite mardi 2 juin 2026, en marge d’une opération de transfert de migrants depuis Tunis vers le camp du kilomètre 21, situé dans la délégation d’El Amra, dans le gouvernorat de Sfax.
58 migrants transférés vers le camp d’El Amra
Selon un représentant du ministère de l’Intérieur chargé du point de regroupement à Tunis, un bus transportant 58 migrants en situation irrégulière a quitté la capitale dans la matinée en direction du camp d’El Amra.
Les personnes concernées doivent y finaliser les procédures administratives et logistiques nécessaires avant leur rapatriement dans le cadre du programme de retour volontaire.
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Le responsable a précisé que cette démarche repose exclusivement sur le principe du volontariat et concerne les migrants ayant exprimé leur souhait de rentrer dans leurs pays d’origine.
Une nouvelle organisation mise en place depuis quatre mois
D’après les autorités, le ministère de l’Intérieur a commencé par mener des campagnes de sensibilisation auprès des migrants intéressés par le retour volontaire.
Face aux difficultés de déplacement rencontrées par plusieurs migrants installés hors de Sfax, les autorités ont ensuite décidé de créer un point de regroupement dans la capitale afin de faciliter leur prise en charge avant leur transfert vers le camp principal d’El Amra.
Le camp du kilomètre 21 est opérationnel depuis la mi-juin 2025. Il avait été aménagé après les opérations sécuritaires menées contre plusieurs camps informels de migrants installés dans la région de Sfax, devenue l’un des principaux points de départ des traversées clandestines vers l’Europe.
Sfax au cœur du dossier migratoire
Depuis plusieurs mois, la question migratoire occupe une place centrale dans le débat public tunisien, notamment dans les régions du littoral sud-est où se concentrent d’importants groupes de migrants subsahariens.
Les autorités tunisiennes multiplient les opérations de démantèlement de camps anarchiques et affirment privilégier les solutions de retour volontaire, en coordination avec différentes structures nationales et internationales concernées par la migration.
Le programme de retour volontaire s’inscrit dans un contexte de pression migratoire persistante en Méditerranée centrale, alors que Tunis cherche à renforcer le contrôle des départs irréguliers tout en évitant une aggravation des tensions humanitaires et sociales dans certaines régions du pays.
Les autorités n’ont toutefois pas communiqué, à ce stade, le nombre total de migrants ayant bénéficié du programme de retour volontaire depuis le lancement du dispositif.

