Ce n’est plus une apparition isolée. Une physalie — espèce marine aux filaments venimeux pouvant atteindre 30 mètres — a été signalée cette semaine sur les côtes de Tabarka, selon une alerte de l’association TunSea relayée par la Radio Nationale.
Derrière la prudence recommandée aux baigneurs, un constat s’impose : les observations de cette espèce atlantique se répètent sur le littoral tunisien. Pour les spécialistes, ces signalements constituent aussi un indicateur des transformations en cours en Méditerranée.
Une espèce atlantique de plus en plus observée
La physalie (Physalia physalis), souvent appelée « caravelle portugaise », n’est pas native de la Méditerranée. Originaire de l’océan Atlantique, elle y est néanmoins observée depuis longtemps, portée par les courants de surface et les vents dominants.
En Tunisie, plusieurs signalements ont été enregistrés ces dernières années, notamment à Sidi Bou Saïd, Maamoura et Chebba, selon des observations relayées par l’Institut national des sciences et technologies de la mer (INSTM). Le 29 mars 2026, moins de dix spécimens avaient déjà été repérés sur la plage de Sidi Mechreg, dans le gouvernorat de Bizerte. Tabarka s’ajoute aujourd’hui à cette liste.
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Pourquoi elle est plus dangereuse qu’une méduse ordinaire
La physalie n’est pas une méduse. C’est un siphonophore, c’est-à-dire une colonie d’organismes spécialisés vivant ensemble. Son flotteur bleuté, pouvant atteindre 30 centimètres, est prolongé par des filaments urticants de 10 à 30 mètres de long.
Ces filaments peuvent provoquer de vives brûlures, des douleurs intenses et, chez certaines personnes sensibles, des réactions plus sévères.
Ce qui la rend particulièrement dangereuse : ses filaments peuvent rester actifs plusieurs heures après la mort de l’animal. Une physalie échouée sur le sable n’est donc pas inoffensive. TunSea déconseille formellement tout contact, même indirect.
Que faire si vous en croisez une ?
Il ne faut pas la toucher, même avec un bâton ou une chaussure. Il est recommandé de garder ses distances et, si nécessaire, de se limiter à une photo prise de loin.
En cas de contact, il faut rincer à l’eau de mer, éviter de frotter et consulter rapidement un centre de santé ou demander une assistance médicale. Les cas mortels restent très rares, mais la douleur peut nécessiter une prise en charge.
Informer sans paniquer
TunSea, association tunisienne active dans les sciences participatives et l’observation citoyenne du milieu marin, rappelle que la présence de la physalie reste un phénomène naturel. L’association appelle toutefois à la vigilance collective à l’approche de la saison estivale.
Au-delà de l’alerte immédiate, chaque signalement permet de mieux documenter l’évolution du littoral tunisien et d’anticiper les risques pour les baigneurs, pêcheurs, plongeurs et usagers des plages.