Dans l’étendue calcaire et les mirages de Chott El Gharsa, tel le long cou d’un dromadaire, Ong Jmal scrute la plaine caillouteuse.
Non loin, comme une oasis imaginaire, caché derrière une dune, le site d’un des tournages de Star Wars en Tunisie fourmille de vie.
Depuis un quart de siècle, le plateau de tournage du film attire aussi bien les touristes que de nombreux travailleurs qui, installés dans ce qui fut le village extraterrestre, offrent du pain, de l’eau, du thé ou du café.
Alors que des norias de dromadaires font la navette, Lakhdhar est installé devant son âtre fumant. Il remue les cendres, ravive la modeste flamme et prépare des boissons chaudes qu’il vous tend dans des tasses rudimentaires.
Enfant des marges du désert, Lakhdhar a toujours vécu entre les dunes de l’erg et le village voisin. Son café à l’orée du désert lui permet de glaner quelques dinars et vivre au grand air, sous le soleil et dans le vent.
Habillé à la mode saharienne, ni assis ni allongé, il semble suivre la piste d’une caravane invisible tout en dosant ses cafés sur le plus inattendu des « oujak », celui du quartier de Mos Espa, sur les rivages interstellaires de la planète Tatooine.
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