Une Française rapatriée du MV Hondius, un navire de croisière d’expédition battant pavillon néerlandais, a été testée positive à l’hantavirus, tandis que 22 cas contacts ont été identifiés en France. Ce nouveau cas s’ajoute à un foyer sanitaire international apparu lors d’une traversée en Atlantique Sud, après le départ du navire d’Argentine début avril.
Selon l’OMS, huit cas ont été signalés dans ce foyer, dont trois décès. Cinq cas étaient confirmés comme hantavirus lors du point de l’OMS du 7 mai, trois autres étant alors considérés comme suspects. L’ECDC a ensuite précisé que les infections étaient liées au virus Andes, une souche d’hantavirus présente en Amérique latine et connue pour pouvoir, dans de rares cas, se transmettre entre humains lors de contacts étroits et prolongés.
Un foyer grave, mais pas une alerte mondiale
Le MV Hondius comptait près de 150 passagers et membres d’équipage, de 23 nationalités différentes. Les premiers cas sont apparus en avril, avec des symptômes respiratoires sévères, parfois accompagnés de fièvre et de troubles digestifs. Trois personnes sont décédées : un couple néerlandais et une ressortissante allemande, selon Reuters.
Les autorités sanitaires appellent toutefois à la prudence dans l’interprétation de cette alerte. L’OMS considère que le risque pour la population générale reste faible, même si l’incubation du virus Andes peut aller jusqu’à six semaines et que de nouveaux cas peuvent encore être détectés parmi les personnes exposées.
Les 13 pays concernés par le suivi
L’OMS indique avoir officiellement informé 12 pays dont des ressortissants avaient débarqué à Sainte-Hélène, dans l’Atlantique Sud : Canada, Danemark, Allemagne, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Saint-Kitts-et-Nevis, Singapour, Suède, Suisse, Turquie, Royaume-Uni et États-Unis. À cette liste s’ajoute l’Afrique du Sud, où les autorités sanitaires suivent les personnes ayant voyagé sur le même vol qu’une passagère symptomatique décédée après son arrivée à Johannesburg.
D’autres pays sont également impliqués dans la gestion du dossier, notamment la France, après le test positif d’une passagère rapatriée, ainsi que l’Espagne, qui a accueilli le navire aux Canaries pour organiser les évacuations. Reuters rapporte que des vols de rapatriement ont été organisés vers le Canada, les Pays-Bas, la Turquie, la France, le Royaume-Uni, l’Irlande et les États-Unis, tandis que certains passagers ont été transférés vers Madrid.
Traçage, quarantaine et rapatriements
L’enjeu n’est donc pas celui d’une propagation mondiale comparable au Covid, mais celui d’un traçage international complexe. Les passagers exposés doivent être testés à leur arrivée, puis orientés vers des hôpitaux, des structures de quarantaine ou un isolement à domicile, selon les règles de chaque pays.
L’OMS a recommandé une quarantaine de 42 jours pour les passagers du navire, en raison de la durée possible d’incubation du virus. L’ECDC, de son côté, a publié des recommandations spécifiques pour les autorités européennes chargées de gérer les passagers, les soignants et les personnels de transport impliqués dans les évacuations. (Reuters)
Pour l’heure, le foyer reste circonscrit au MV Hondius et aux personnes qui ont été directement exposées. Mais la diversité des nationalités à bord explique la mobilisation de plusieurs gouvernements et le suivi sanitaire dans au moins 13 pays.
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