Les échanges commerciaux entre la Tunisie et la région italienne d’Ombrie atteignent 93,1 millions d’euros par an, selon une analyse publiée par la Chambre de commerce d’Ombrie à la suite du Forum économique tuniso-ombrien tenu à Pérouse. Ce volume confirme l’existence d’un courant d’affaires déjà solide entre les deux parties. Mais l’intérêt du dossier se situe surtout dans le potentiel encore inexploité : la Chambre de commerce d’Ombrie l’estime à 686 millions d’euros dans trois secteurs principaux, les métaux, le textile et la mécanique.
Un commerce aujourd’hui favorable à la Tunisie
En 2025, l’Ombrie a importé pour 70,6 millions d’euros de marchandises tunisiennes, contre 22,5 millions d’euros d’exportations vers la Tunisie. Les échanges sont donc nettement favorables aux exportations tunisiennes.
Vu depuis l’Italie, ce déséquilibre est toutefois présenté comme une marge de progression pour les entreprises ombriennes. Leurs exportations vers la Tunisie sont passées de 13,5 millions d’euros en 2020 à 22,5 millions d’euros en 2025, sans encore rééquilibrer la relation commerciale.
Cette relation reste fortement industrielle. L’Ombrie importe notamment de Tunisie des produits alimentaires, des textiles, des vêtements, des chaussures, ainsi que des composants électroniques et optiques. En sens inverse, elle exporte surtout des machines, des produits métalliques, de l’acier, des produits chimiques et des biens intermédiaires.
Métaux, textile et mécanique en première ligne
Le potentiel identifié se répartit principalement entre les métaux, avec 356 millions d’euros, le textile, avec 206 millions d’euros, et la mécanique, avec 124 millions d’euros.
Ces trois secteurs correspondent à la fois aux spécialisations productives de l’Ombrie et aux besoins industriels tunisiens. La région italienne dispose d’un tissu économique tourné vers la métallurgie, la mécanique, le textile, l’agroalimentaire et les services techniques, tandis que la Tunisie cherche à consolider son rôle de plateforme industrielle proche de l’Europe.
Le textile illustre déjà cette complémentarité. L’Ombrie fournit des fils, des tissus, des produits semi-finis ou des équipements, tandis que la Tunisie dispose d’une capacité de transformation et de réexportation. L’enjeu n’est donc pas seulement d’augmenter les volumes, mais de faire monter la relation en gamme.
Une coopération à structurer autour des chaînes industrielles
Le forum de Pérouse a aussi mis en avant les possibilités ouvertes par les grands projets régionaux, notamment ELMED, l’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie. Ce projet, estimé à environ un milliard d’euros, pourrait créer des opportunités dans les composants électriques, le génie civil, la surveillance des réseaux ou les services techniques.
La rencontre a réuni des représentants institutionnels et économiques des deux pays, dont la Chambre de commerce d’Ombrie, l’ambassade de Tunisie à Rome, le CEPEX, la FIPA et la Chambre tuniso-italienne de commerce et d’industrie. La TAP a également rapporté la tenue de ce forum économique, en soulignant la volonté de renforcer les passerelles commerciales et industrielles entre la Tunisie et cette région italienne.
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